Photo DR
La dynamique s’inscrit dans le temps long : depuis 1968, la population bessataire a bondi de 176%, passant de 192 à 530 habitants. Elle retrouve ainsi son niveau de… 1876 avec 529 habitants. Cette croissance s’est particulièrement accélérée entre 2017 et 2023 avec 76 nouveaux arrivants, témoignant d’une attractivité renforcée ces dernières années.
Les chiffres de l’Insee révèlent un excédent naturel positif avec sept naissances annuelles contre trois décès en moyenne sur la dernière décennie. Mais c’est surtout le solde migratoire qui alimente cette croissance : en 2022, 41 personnes ont emménagé contre 28 départs. L’année 2025 confirme cette tendance avec huit naissances et l’installation de sept nouveaux foyers.
L’effet Covid comme accélérateur
« La pandémie a accéléré le phénomène », confirme Henri Benière, le maire à nos confrères du Progrès. Le développement du télétravail a favorisé l’installation de ménages urbains séduits par le cadre de vie montagnard tout en restant à proximité des bassins d’emploi de Saint-Étienne (18 km) et Saint-Chamond. Cette nouvelle donne professionnelle a libéré les contraintes géographiques pour de nombreux citadins.
Cette croissance démographique génère de nouveaux besoins. L’école publique, qui accueille près de 70 enfants, a dû être agrandie face à l’afflux de jeunes familles. « Ça va se stabiliser un peu, mais pas faiblir », anticipe Marie Monteil, adjointe aux affaires scolaires et sociales, soulignant l’impact durable de cette dynamique sur les équipements communaux.
Paradoxalement, cette réussite démographique atteint ses limites. « On ne peut pas accueillir plus qu’on a », prévient le maire Henri Benière au Progrès. « On n’a plus de terrains constructibles, hormis quelques petites parcelles. » Le Scot (Schéma métropolitain de cohérence territoriale) et les contraintes du parc du Pilat encadrent strictement l’urbanisation future, freinant mécaniquement la poursuite de cette croissance.
Le Haut-Pilat, laboratoire de la rurbanisation
Le phénomène dépasse Le Bessat : l’ensemble de l’ex-canton de Saint-Genest-Malifaux a gagné 3 601 habitants entre 1968 et 2023, soit +37% sur cette période. Tarentaise mène la danse avec +256%, devant Le Bessat (+176%) et Planfoy (+157,8%). Cette dynamique collective témoigne de l’attractivité retrouvée des territoires ruraux de qualité.
Toutefois, la période récente 2017-2023 montre un ralentissement : +305 habitants seulement (+3,5%) contre des progressions bien plus soutenues dans les années 90. Le Bessat maintient son leadership avec +17%, mais cette décélération suggère que l’âge d’or de la croissance démographique du Haut-Pilat pourrait toucher à sa fin, victime de son propre succès et des contraintes d’aménagement.

