Loire : les règles contraignantes pour la reprise du travail

0 Partages

Un plan de circulation, au minimum 4 m2 par salarié, interdiction de dépister ses salariés… Le ministère du Travail a publié dimanche 3 mai au soir un “protocole national de déconfinement pour les entreprises pour assurer la santé et la sécurité des salariés” face à l’épidémie de coronavirus.

Le protocole sanitaire de déconfinement pour les entreprises du secteur privé préparé par le ministère du Travail prévoit des mesures strictes visant à assurer la protection des salariés. Ce document dévoilé dimanche 3 mai précise la doctrine générale de protection collective que les employeurs du secteur privé doivent mettre en place.

Un plan progressif et différencié de déconfinement

La France doit engager à compter du 11 mai un plan progressif et différencié de déconfinement avec notamment la réouverture de tous les commerces et un retour sur les lieux de travail, même si l’exécutif a demandé de poursuivre au maximum le télétravail dans les prochaines semaines afin notamment d’éviter un engorgement des transports et une reprise de la circulation du coronavirus.

Nous devons accompagner toutes les entreprises pour que l’activité reprenne dans des conditions garantissant la santé et la sécurité des salariés. C’est une condition nécessaire au retour au travail à partir du 11 mai même si le télétravail doit rester la norme pour toutes les activités qui le permettent pour les prochaines semaines“, indique dimanche la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Cette règle permet d’éviter le risque de contact

Le “vade-mecum” préparé par son ministère impose aux employeurs un critère “universel” d’occupation maximale des espaces ouverts au public et en milieu de travail, fixé à 4 mètres carrés par personne. “Cette règle permet d’éviter le risque de contact, notamment dans les lieux de circulation ou d’activité qui génèrent des flux de personnes”, explique le ministère. Si ce critère ne peut être respecté, des mesures complémentaires comme le port du masque sont à mettre en place.

Par ailleurs, la généralisation du contrôle de température pratiquée par certaines entreprises est “déconseillée” par le ministère. Les sociétés ne peuvent donc contraindre un salarié à s’y soumettre. Les tourniquets devront être condamnés ou, à défaut, du gel hydroalcoolique proposé à l’entrée et à la sortie.

Pas de campagnes de dépistage

Tous les jours, les locaux seront désinfectés et les poignées de porte, bureaux, toilettes, interrupteurs et rampes d’escalier le seront à plusieurs reprises. Enfin, interdiction est faite aux employeurs de réaliser des campagnes de dépistage du Covid-19.

“Quelques bonnes pratiques à promouvoir”

Entrée du site.

  • En cas de tourniquet : à condamner pour éviter contact mains, sauf si risques d’intrusion important, auquel cas il faut organiser le nettoyage et le lavage des mains.
  • Marquage au sol en amont pour distanciation physique.

Séparation des flux.

  • Sens unique dans les ateliers, couloirs, escaliers (si plusieurs montées d’escaliers). Si la configuration du bâtiment le permet, les portes d’entrées et de sorties doivent être différenciées afin d’éviter le croisement des personnes.
  • Plans de nettoyage régulier des rampes d’escalier (2 fois / jour minimum), car il faut continuer de tenir la rampe dans les escaliers (en moyenne 10 % des accidents du travail proviennent de chutes dans les escaliers, avec parfois des conséquences très graves…).
  • Réorganisation des horaires pour éviter les arrivées nombreuses.
  • Plan de circulation dans l’entreprise : piétons, engins motorisés, et vélo (distanciation physique à adapter).
  • Ascenseurs : limiter le nombre de personnes pour respecter la distance d’au moins un mètre et afficher clairement les consignes sur les paliers.
  • A l’intérieur du bâtiment, un sens unique de circulation doit être mis en place avec marquage lisible au sol pour éviter les croisements, les retours en arrière…

Zones d’attentes.

  • Marquage au sol : entrées, sorties…

Lieux de pause.

Distributeurs/machines à café/ pointeuse. Afficher les mesures barrières : se laver les mains avant et après utilisation, en plus de la désinfection par les prestataires.

Locaux communs (salle de réunion) ou sociaux.

  • Une fois déterminé le nombre maximum de salariés présents dans le local, prévoir un indicateur à l’entrée qui permet de connaitre ce nombre avant d’entrée et un dispositif équivalent permettant de connaitre le nombre de sortie surtout si l’entrée est distante de la sortie.
  • Portes ouvertes si possible pour éviter les contacts des mains avec les surfaces (poignées, etc.).

Bureaux.

  • Privilégier une personne par bureau ;
  • A défaut, pour les bureaux partagés, éviter le face à face, permettre une distance physique de plus d’un mètre, utiliser si possible des plexiglas en séparation, aération régulière (15 minutes trois fois par jour) ;
  • Open flex (possibilité de se placer librement à un poste de travail) : attribuer un poste fixe durant la pandémie ;
  • Portes ouvertes, sauf si portes coupe-feu non équipées de dispositif de fermeture automatique, afin de limiter les contacts avec les poignées.

Parking.

  • Le parking fait partie des lieux de travail pour les salariés, cette zone doit être intégrée dans les mesures de prévention (plan de circulation, gestion des emplacements et des flux…).

Accueil intervenants extérieurs.

  • Transmission infos en amont via agence d’emploi.
  • Accompagnement de chaque intervenant pour s’assurer du respect des consignes.
  • En cas de contrôle de sécurité avant accès (documents, palpations…), une zone dédiée doit être mise en place : marquage, procédure simplifiée si possible, mise en place de tables…

Julien Lamoussière

Les autres infos