Macron va inter­ve­nir à la télé

Officiellement, rien n’est encore acté à l’a­gen­da du pré­sident. Mais offi­cieu­se­ment, l’hy­po­thèse d’une nou­velle allo­cu­tion télé­vi­sée d’Emmanuel Macron avant la fin de la semaine n’est plus qu’un secret de poli­chi­nelle. « Il y réflé­chit, cela fait plu­sieurs jours que c’est en dis­cus­sion », consent sobre­ment un par­le­men­taire qui a ses entrées à l’Élysée, alors que deux dates semblent tenir la corde selon nos infor­ma­tions : mer­cre­di soir ou jeu­di soir. Il s’a­gi­rait alors de la troi­sième inter­ven­tion solen­nelle du chef de l’État depuis son bureau, après celles du 12 et du 16 mars.

Après avoir lais­sé Edouard Philippe occu­per le front poli­ti­co-média­tique la semaine der­nière — notam­ment devant la mis­sion d’in­for­ma­tion de l’Assemblée natio­nale mer­cre­di 1er avril et en prime time le len­de­main sur TF1 —, Macron reprend en effet la main. Dès cet après-midi où il se rend en Seine-Saint-Denis pour visi­ter la Maison de san­té plu­ri­dis­ci­pli­naire de Pantin. Et donc dans les tout pro­chains jours à l’oc­ca­sion de cette allo­cu­tion qui doit lui per­mettre d’a­bor­der plu­sieurs sujets.

Clarifier un cer­tain nombre de points en suspens

A com­men­cer par le pro­lon­ge­ment du confi­ne­ment, qui ne fait guère de doute à ce stade, et au moins pour quinze jours encore. L’occasion pour le pré­sident de rap­pe­ler que le pic de l’é­pi­dé­mie n’est pas encore atteint et, donc, d’in­vi­ter les Français à res­pec­ter plus que jamais les règles évi­dentes de dis­tan­cia­tion sociale mal­gré la ten­ta­tion de sor­tir sous l’ef­fet des beaux jours.

Mais ce n’est pas tout. Le chef de l’Etat a éga­le­ment l’in­ten­tion de pro­fi­ter de cette expres­sion pour cla­ri­fier un cer­tain nombre de points en sus­pens et par­ti­cu­liè­re­ment sen­sibles. A com­men­cer par les inter­ro­ga­tions sur la géné­ra­li­sa­tion du port du masque, alors que plu­sieurs col­lec­ti­vi­tés ont pris ces der­niers jours des arrê­tés en ce sens, comme à Nice (Alpes-Maritimes) et à Sceaux (Hauts-de-Seine).

Autre point sur lequel l’ex­pres­sion pré­si­den­tielle est atten­due : le recours contes­té aux don­nées per­son­nelles des smart­phones pour tra­cer les per­sonnes conta­mi­nées par le coro­na­vi­rus. Enfin, Emmanuel Macron pour­rait lever le voile sur le calen­drier du second tour des muni­ci­pales, pré­vu fin juin. L’hypothèse d’un report en octobre a cir­cu­lé dans les cou­loirs du palais pré­si­den­tiel ces der­niers jours, mais la date pour­rait encore bou­ger. « Cela a encore évo­lué. On part main­te­nant sur la piste d’un report en mars, dans un an. Car octobre, c’est encore trop court, on ne sera pas sor­ti de la crise sani­taire et on sera en plein dans la crise éco­no­mique. Personne n’au­ra la tête à faire cam­pagne », estime un proche du chef de l’Etat. © Photo AFP.

Guillaume Plais

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