Il y a deux ans à peine, cette eau ligérienne bénéficiait d’une vitrine exceptionnelle. Les convives du sommet « Choose France 2023 » au château de Versailles ainsi que les participants au dîner des Grands chefs à l’Élysée en septembre 2023 avaient pu découvrir cette ressource naturelle de la Loire. Une exposition médiatique de premier plan qui semblait promettre un avenir radieux à cette marque relancée avec ambition.
Stéphane Arfi, propriétaire depuis 2020 du Domaine thermal situé à quarante kilomètres au nord de Roanne, avait misé sur une stratégie marketing haut de gamme. Son objectif : valoriser cette eau dont les propriétés thérapeutiques avaient été reconnues par Louis Pasteur dès 1878, que ce soit pour les bains ou la consommation.
Une production interrompue, des emplois supprimés
Aujourd’hui, la réalité est bien différente. L’installation d’embouteillage a cessé de fonctionner depuis plusieurs mois, entraînant le licenciement de cinq employés. Le personnel se résume désormais à une seule secrétaire commerciale, témoignant de l’ampleur de la réduction d’activité.
Cette situation critique s’explique selon le propriétaire par une stratégie d’écoulement des stocks constitués. Cette approche justifierait selon lui la mise en sommeil temporaire de l’outil de production.
Une commercialisation qui se maintient malgré tout
Malgré l’arrêt de production, la distribution se poursuit auprès d’une clientèle ciblée. Les restaurants gastronomiques et épiceries fines des régions parisienne et lyonnaise continuent d’être approvisionnés. L’entreprise cherche également à élargir sa base clients, tout en reconnaissant la difficulté de se positionner face aux géants industriels du secteur.
« C’est compliqué de se faire une place à côté des géants du secteur que sont Danone et Nestlé », reconnaît l’investisseur lyonnais. Cette concurrence féroce représente un défi majeur pour une marque qui vise le segment premium du marché de l’eau minérale.
Des ambitions diversifiées en suspens
Au-delà de l’embouteillage, le projet initial englobait la relance de l’activité thermale du site ainsi que le développement d’une gamme cosmétique. Ces extensions d’activité, qui devaient s’appuyer sur les propriétés particulières de l’eau de Sail-les-Bains, semblent désormais compromises par les difficultés actuelles.
Le propriétaire maintient cependant un discours optimiste concernant l’avenir, sans exclure totalement une cession éventuelle du domaine thermal. Cette possibilité de vente illustre les interrogations qui pèsent sur la pérennité de cette entreprise qui avait pourtant bénéficié d’un lancement prometteur sur les tables les plus prestigieuses de France.


