Marche des libertés en France et dans la Loire : « marcher, lutter et ne pas rester derrière son ordinateur »

On est à Saint-Étienne, mais on pourrait être à Strasbourg, Lille, Bordeaux ou Paris. C’est pareil, il y a la même ferveur chez ceux qui sont dehors, la même colère et une seule demande : la suppression du texte de la loi sécurité globale et les violences policières.

En France, 500 000 manifestations selon les organisateurs, 133 000 selon le ministère de l’Intérieur. Le sujet est aussi brûlant que la rue. Des interpellations à paris, 18 selon la police et 37 blessés… toujours selon les forces de l’ordre. Pourtant, partout en France, des tensions ont émergé. Selon l’AFP, plusieurs manifestants vêtus de noir ont par exemple renversé une camionnette, utilisé des palissades et autres objets de chantier pour faire des barricades. Des projectiles ont été jetés sur les forces de l’ordre.

 

« l’heure est grave pour les journalistes comme pour les citoyens »

Dans Libération aujourd’hui, on peut lire la parole des manifestants. « Nous sommes là par rapport à la loi qui interdit de filmer les policiers. On ne peut plus filmer et après on ne pourra plus écrire ? Ne plus rien dire ? Cette loi ce n’est qu’un début », s’est, par exemple, insurgée selon l’agence Mathilde Fonteneau, une infirmière bordelaise venue en famille. Pour Muriel Demguillem, ancienne journaliste et syndiquée au SNJ, « l’heure est grave pour les journalistes comme pour les citoyens, c’est la liberté d’informer qui est mise en cause ».

Les concerts des politiques s’enchaînent sur BFMTV, LCI et CNEWS. Beaucoup demandent un dialogue social, une mobilisation pour la liberté, garder nos smartphones avec leur caméra, car il est l’objet de notre siècle. « Quel est le policier qui pourrait avoir peur d’un smartphone ? Il a une caméra sur son uniforme, il filme lui aussi. En tant qu’homme de loi, il aurait le droit d’être le seul à faire tourner la caméra, être en droit de  faire ce qu’il veut et d’interdire le citoyen de filmer » explique en off un proche du maire de Saint-Étienne qui souhaite garder l’anonymat.

 

« Les Stéphanois préfèrent crier derrière leur ordinateur sur les réseaux sociaux »

À Saint-Étienne, la faiblesse malheureusement était de mise. Quelques centaines de manifestants sont là selon notre comptage. (Seulement 200 personnes à Roanne). « Les Stéphanois préfèrent crier derrière leur ordinateur sur les réseaux sociaux, mais ils devront apprendre dans le futur à éteindre l’écran et à sortir dans la rue » s’insurge  une manifestante.

On aurait pu croire que, comme dans les autres villes, la population se lève, et s’insurge contre les barreaux de la liberté, mais non. Ils sont restés chez eux. C’est seulement à 16h que les manifestants se sont retrouvés place du Peuple. Autour de 17h ils arrivent sur la place Jean-Jaurès et dès 18h, les manifestants ont quitté Saint-Étienne pour rentrer chez eux. « À Saint-Étienne, peu de gens sont prêts à marcher pour leur liberté, ils préfèrent marcher dans les boutiques » explique Clara, cheveux longs et yeux noirs, qui a remis son gilet jaune pour l’occasion. « Moi, quand il y a des inégalités, je suis dehors pour crier et pas derrière mon ordinateur à me cacher ».

 

« Marc-Olivier Fogiel, Yann Barthès, Laurent Guimier, Élise Lucet, Marie Drucker ou Laurent Delahousse sont là aussi »

Au micro de BFMTV, samedi, Yannick Jadot demande que soit supprimée la loi « sécurité globale » et le départ de Didier Lallement : « Ce que j’attends, c’est que le Président de la République entende toutes les organisations – la Commission européenne, la commission des Droits de l’homme des Nations unies, le Conseil constitutionnel, la défenseure des Droits -, toutes celles et tous ceux qui sont garants de l’État de Droit et des Libertés Fondamentales, et qu’il retire cette loi de Sécurité globale, qui est liberticide ».

Le monde du cinéma est aussi dans la rue, car l’image est une force. Ils sont producteurs, producteurs de cinéma, de télévision, présentateurs, présentateurs de journaux ou de magazines. Le tournage, c’est enregistrer la vie. Et pour lutter contre certaines violences policières, le film est une preuve. Marc-Olivier Fogiel, Yann Barthès, Laurent Guimier, Élise Lucet, Marie Drucker ou Laurent Delahousse sont là aussi.

« Avant d’autoriser à filmer des policiers dans l’exercice de leur fonction, le service de communication de la police nationale exige désormais un droit de validation du reportage avant diffusion. » Ces grands noms signent et exigent la fin de « la convention de tournages » qui porte atteinte au droit de la presse. « Libertez, égalitez, filmez ».

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