Au cœur des tensions : le projet de démutualisation de postes partagés entre la Ville et la Métropole, porté par la nouvelle présidente Sylvie Fayolle et son exécutif, désireux de rompre avec l’héritage de Gaël Perdriau. Le mouvement a déjà commencé : le responsable du service protocole, auparavant à mi-temps entre les deux collectivités, a été remercié par la Métropole et repris à temps plein par la Ville. Le directeur de cabinet, également commun, a perdu ses fonctions métropolitaines après la démission de Gaël Perdriau. Désormais, les postes de directeur général des services et de directeur de la communication sont dans le viseur.
Sylvie Fayolle revendique l’indépendance métropolitaine
« Il n’est pas question de démutualiser tous les services et d’aller tout chambouler. Mais une métropole mérite d’avoir un cabinet, un directeur général des services et un directeur de la communication à temps complet », a affirmé la présidente à nos amis du Progrès, déterminée à redonner une indépendance à SEM. Des avenants devraient être signés jeudi 5 février pour formaliser ces démutualisations.
Le nouveau maire de Saint-Étienne s’oppose frontalement à cette démarche : « Je n’ai pas l’habitude d’être pris en otage et ce n’est pas agréable. Je pense que c’est une bêtise d’avoir des directeurs adjoints qui devraient rendre compte à deux directeurs différents. » Il refuse d’être « le maire qui enterrera la mutualisation » et dénonce un revirement brutal après des années de travail collaboratif.
François Driol dégaine contre le clan Perdriau
La riposte du vice-président François Driol ne se fait pas attendre dans les lignes du Progrès : « C’est ahurissant de vous entendre dire que c’est difficile d’avoir deux chefs, quand on sait à quel clan vous êtes resté fidèle depuis trois ans. Trois ans pendant lesquels la Métropole a été dirigée par un gouvernement bicéphale. » Cette charge directe révèle la profondeur des divisions politiques.
Le vice-président aux ressources humaines a tenté de calmer le jeu en recontextualisant la décision : « Cette direction est donnée par notre assemblée et correspond à la réalité politique d’aujourd’hui. » Il reconnaît néanmoins que cette décision « va susciter des questions auxquelles on ne pourra pas forcément répondre tout de suite » et « génère de l’inquiétude » chez les agents.
Les syndicats expriment leur incompréhension
En pleine séance, FO3 et CFTC ont publié un communiqué questionnant le timing de cette décision : « Pourquoi parler de ça maintenant, si près des élections municipales ? Pourquoi aussi brutalement ? », interroge Olivier Karagueuzian, secrétaire général de FO3. Les organisations syndicales dénoncent « cet effet d’annonce » source « d’inquiétudes pour les agents ».
Si la Métropole peut prendre ces avenants avant la fin du mandat, la Ville ne pourra valider sa position qu’après les élections de mars. « Lorsque le conseil municipal sera installé, les élus analyseront la délibération. S’ils ne sont pas d’accord, on retournera aux négociations », précise Sylvie Fayolle, admettant que « rien ne peut être acté tout de suite ».

