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Lors du conseil municipal du 19 janvier, les élus montbrisonnais ont activé une arme administrative redoutable : le périmètre de prise en considération. Sous ce terme technocratique se cache un véritable verrou urbanistique de dix ans sur la zone des Granges. Désormais, la municipalité peut opposer un sursis à statuer à tout projet qui ne correspondrait pas à sa vision du quartier.
Cette mesure répond directement au tollé suscité en décembre par le projet d’implantation d’un magasin Leclerc Drive à la place des Meubles Guillot. Christophe Bazile ne dissimule pas sa position a nos confrères du Progrès : « Il n’y a pas si longtemps nous avons voté en conseil municipal la demande d’une CDAC pour éviter l’implantation d’un Leclerc Express. » Le maire ironise même : « Comme si on avait besoin d’un Leclerc en périphérie… Je n’ai pas le sentiment que les commerçants et les clients attendent avec impatience ce type de structure. »
Une zone périphérique à repenser
Au-delà du cas Leclerc, c’est tout l’avenir de cette entrée de ville qui inquiète. Deuxième pôle marchand après le centre-ville, la zone des Granges cumule les maux des zones périphériques : développement anarchique, problèmes de stationnement et de circulation, bâtiments énergivores et esthétique douteuse. « La zone commerciale, ça peut impacter le centre-ville », rappelle le maire.
La stratégie municipale vise à maintenir une complémentarité entre les deux zones : jardinerie, bricolage et équipement de la maison aux Granges, sans laisser s’installer des concepts commerciaux concurrentiels, notamment alimentaires, qui siphonneraient la clientèle du cœur historique. L’objectif : densifier le commerce sur une zone plus petite plutôt que de laisser les surfaces s’étendre à l’infini.
Ce verrouillage accompagne l’élaboration d’un schéma directeur dans le cadre du programme Action cœur de ville. Ce document devra traiter les problématiques de mobilité et de stationnement désorganisé, en optimisant le foncier disponible mais non exploité. Les acteurs économiques devront désormais composer avec cette nouvelle donne réglementaire.
Les façades montbrisonnaises sous protection renforcée
Parallèlement à cette stratégie défensive, la municipalité poursuit sa politique d’embellissement. Depuis 2022, les particuliers bénéficient d’aides substantielles pour rénover leurs façades dans le périmètre du Site patrimonial remarquable. Lors du conseil, les élus ont validé une subvention de 13 000 euros sur un chantier de 40 000 euros, illustrant l’ampleur de ce soutien.
« Ça marche très bien. Il s’agit d’une subvention importante, dégressive dans le temps si les travaux ne sont pas faits. C’est à la fois incitatif et coercitif », détaille Christophe Bazile au Progrès. Une quinzaine de dossiers sont actuellement en cours de validation, témoignant du succès de ce dispositif lancé il y a quatre ans.

