Philippe Gildas: «Tout ce qu’il a fait, il l’a fait avec exigence, humour et indépendance»

Philippe Gildas, grande figure des médias et visage emblématique du Canal+ des années 1990, s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 82 ans. Jean-Pierre Elkabbach, qui s’est dit « bouleversé et secoué » par la mort « d’un grand seigneur des médias et un prince de l’amitié », a accepté de rendre hommage à l’animateur pour 20 Minutes.

Quels souvenirs de Philippe Gildas gardez-vous ?

Il y a trois grandes périodes pour Philippe Gildas. Quand il était responsable des journaux télévisés avec Etienne Mougeotte, à l’époque de Pierre Desgraupes. En 1969, le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas avait créé des unités autonomes d’information, dans le cadre de la réforme de la télévision. A ce moment-là, on a connu un souffle de liberté et d’indépendance. Philippe Gildas, Etienne Mougeotte et moi présentions les journaux de 13 heures et de 20 heures. Ils sont arrivés pour appliquer la nouvelle réforme et moi, correspondant en Allemagne, je les ai rejoints pour travailler avec eux. Je les ai vus tous les deux dans leur professionnalisme, leur rigueur. La deuxième période, c’était à Europe 1. Philippe Gildas dirige l’antenne. Il officie longtemps à la matinale où il était incomparable. Et la troisième période, c’était Canal + avec des émissions inoubliables qui ont été souvent imitées, copiées, mais, à mon sens, jamais réussies parce qu’il manquait l’âme.

C’est-à-dire ?

Il permettait aux autres de se révéler : Antoine de Caunes, José Garcia et tellement d’autres. Lui-même s’est libéré à leur contact. Il reste un modèle d’excellence pour les matinales. J’avais nommé Jean-Luc Delarue beaucoup plus tard en pensant à son travail, mais ce n’était pas Philippe Gildas qui le voulait. Un deuxième élément qu’on pourrait retenir, c’est le peu d’intérêt qu’il portait à la politique. Pas par démagogie, légèreté ou incompétence. Il était indifférent à la politique parce qu’il savait que les promesses faites dans l’opposition n’étaient jamais tenues quand les mêmes arrivaient au pouvoir. Pour lui, la politique c’était un théâtre d’ombres interchangeables.



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