Cette disparition soudaine, survenue alors qu’il profitait des fêtes de Noël en famille, laisse orphelin un sport auquel il avait consacré plus d’un demi-siècle de sa vie. Jean-Pierre Hunckler, président de la Fédération Française de Basketball, exprime l’émotion collective : « C’est terrible de perdre des gens qui ont tant apporté au basket. »
Pierrot, comme l’appelaient affectueusement ses proches, incarnait la polyvalence dans le monde du basket. Tour à tour joueur, entraîneur, coach, dirigeant et directeur sportif de la Chorale de Roanne, il se définissait humblement comme un « serviteur de son sport ». Son expertise reconnue l’avait mené à croiser la route de figures majeures du basket français, notamment Tony Parker Senior à Dieppe et Vincent Collet dans ses débuts. Ces rencontres professionnelles se transformaient souvent en amitiés durables, Pierre Vacher ne manquant jamais d’apporter la fameuse Praluline roannaise lors des visites de Collet à Roanne.
Pionnier et architecte du basket féminin ligérien
Son empreinte reste particulièrement forte dans le développement du basket féminin local. Fondateur du Roannais Basket Féminin qui atteindra la LF2 sous la direction d’Olivier Hirsch et remportera une Coupe de France, Pierre Vacher a formé trois joueuses internationales : Alix Duchet, Ana Philip et Claire Thevenoux. Cette réussite témoigne de son talent de formateur et de sa capacité à révéler les potentiels, leur permettant de « viser la lune » selon sa propre expression.
La formation constituait sa vocation profonde. Membre de la commission technique de la Ligue Aura sur invitation de Jean-Pierre Hunckler, il œuvrait également avec Jean-Pierre Morateur au Pôle Espoirs de Lyon et entretenait une collaboration étroite avec Pierre Murtin dans l’Ain. Jusqu’à ses derniers jours, il restait sur le terrain : le 23 décembre, il assistait encore au tournoi des étoiles à Voiron avant de rejoindre l’Alsace.
Un homme aux multiples passions et talents
Au-delà du basket, Pierre Vacher cultivait de nombreuses passions avec la même intensité. Professeur des écoles, il transmettait son savoir aux plus jeunes. Passionné de radio, il animait dans les années 80 une émission musicale de deux heures sur Radio Roanne avec son ami d’enfance Paul Brideau. Journaliste pour Le Progrès depuis trente ans, sa plume bienveillante racontait le sport local avec sensibilité, créant des liens durables notamment avec le CR4C et Noël Laurent.
Son épouse Isabelle le décrit comme un psychopathe des fleurs, témoignage affectueux de sa passion pour le jardinage. Leur ménagerie comptait poneys, ânes, chèvres, lapins, chiens et chat, reflétant leur amour partagé pour les animaux. Père de Pauline et Clément, grand-père de six petits-enfants, Pierre Vacher considérait sa famille comme « sa plus belle victoire ». Leurs 35 ans de mariage célébrés l’année dernière avaient réuni des amis venus de toute la France, témoignage de l’affection qu’il suscitait.
Un héritage de bienveillance et de partage
Les témoignages unanimes soulignent la bienveillance naturelle de Pierre Vacher. Vincent Cavelier, Paul Brideau, ses compères de toujours, évoquent un homme généreux, toujours prêt à partager ses passions et ses connaissances. Son sourire permanent et son regard expert manqueront cruellement dans les salles de basket de France, qu’il avait toutes foulées au cours de sa carrière. Pierre Vacher laisse l’image d’un homme qui aimait la vie dans toute sa complexité et sa beauté, transmettant jusqu’au bout sa passion avec cette générosité qui le caractérisait.

