Les skieurs peuvent désormais profiter d’un restaurant de 80 couverts, d’un espace snack, d’une cuisine équipée des dernières technologies et d’une terrasse panoramique à 1 250 mètres d’altitude. Une salle hors-sac complète le dispositif, portant la capacité d’accueil totale à 150 personnes simultanément.
Cette transformation ambitieuse a mobilisé de nombreux acteurs publics. Le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) a apporté un soutien substantiel, complété par l’État via le plan montagne avec 573 000 euros. La Région Auvergne-Rhône-Alpes a contribué à hauteur de 200 000 euros, tandis que le fonds chaleur a injecté 55 000 euros pour le système de chauffage écologique. La SEM de Prabouré, détenue majoritairement par la communauté de communes d’Ambert-Livradois-Forez, a contracté un emprunt d’un million d’euros pour boucler le financement. L’approvisionnement en bois de chauffage reste ancré localement grâce à la société Abiessence de Saint-Anthème.
François Philibert, directeur depuis 17 ans, ne cache pas ses préoccupations face à la situation inédite qui se profile. La fermeture de Chalmazel propulse Prabouré au rang d’unique station des monts du Forez, créant une pression considérable sur ses infrastructures. L’année précédente, avec 800 forfaits vendus, la station frôlait déjà la saturation. L’afflux prévisible de la clientèle habituée de Chalmazel génère une appréhension légitime quant à la capacité d’absorption de ces nouveaux flux.
La complémentarité perdue avec Chalmazel
Le directeur souligne la relation symbiotique qui existait entre les deux stations, partageant le même bassin de clientèle. Cette fermeture n’est pas perçue comme une opportunité commerciale mais plutôt comme une perte pour l’écosystème touristique local. Les deux sites se complétaient harmonieusement, offrant des alternatives et répartissant naturellement les flux de visiteurs sur le territoire.
Si Prabouré maintient son équilibre financier malgré les hivers peu enneigés récents, c’est grâce à sa stratégie de diversification quatre saisons. L’emploi reflète cette bipolarité saisonnière : sept salariés permanents, renforcés par 15 saisonniers l’hiver et jusqu’à 25 supplémentaires l’été. Cette polyvalence permet à la station de compenser les aléas climatiques hivernaux.
Des défis structurels à relever
François Philibert évoque sans détour les problématiques non résolues. La question de l’hébergement touristique reste épineuse, les projets avançant à un rythme jugé insuffisant. Le développement de nouvelles activités pour diversifier l’offre n’en est qu’à ses prémices. Ces retards pourraient compromettre la capacité de la station à absorber dignement le surcroît de fréquentation attendu.
Malgré les défis, l’équipe de Prabouré reste animée par une conviction profonde : la station représente un pilier économique et social vital pour le territoire. Cette conscience aiguë de leur responsabilité locale motive les équipes à persévérer, même si l’horizon immédiat s’annonce complexe entre manque de neige structurel et afflux touristique mal maîtrisé.

