Cette quatrième comparution fait suite à trois reports successifs, dont le dernier en juin 2025 après des propos déplacés d’un procureur et d’un juge qualifiant un avocat de « mou du genou » et le dossier de « boulet ». Lundi matin, un nouveau contretemps survient avec la maladie d’un conseil de la défense, reportant le jugement de la compagne de Vocanson et fille de Chapela.
Le naufrage de la Villa Sainte-Rose
Le projet cannois s’interrompt brutalement en janvier 2019, caisses vides. Bruno Vocanson est accusé d’avoir trompé l’investisseur ligérien Desjoyaux Finances sur la rentabilité de l’opération. Le promoteur se défend au Progrès : « L’opération a été montée avec un homme d’affaires stéphanois, un notaire et un avocat, sa profitabilité a été validée par tout le monde. »
Modeste Chapela charge son gendre sans ménagement. En garde à vue, l’architecte a déclaré dans dans les lignes du Progrès : « Depuis le début, je savais que Bruno Vocanson allait planter tout le monde. Il présentait un montant de travaux bas pour faire apparaître des marges conséquentes. » Le chantier estimé à 400 000 euros a finalement dépassé le million.
Les deux hommes se déchirent publiquement, notamment autour d’attestations douteuses. Quand l’huissier leur présente un document litigieux, ils se le jettent mutuellement à la face. « C’est Chapela », accuse Vocanson. « C’est un faux », rétorque l’intéressé, affirmant que sa fille ou son gendre l’ont signé à sa place.
Travail dissimulé et arrangements familiaux
Bruno Vocanson doit également répondre de travail dissimulé concernant trois artisans et « tante Paulette », qui faisait office de secrétaire non déclarée. « Elle s’est proposée de venir m’aider. En famille, quoi ! Tu ne peux pas être employeur de ta tante ! », s’exclame-t-il. Paulette a finalement reçu une subvention pour le club de football qu’elle présidait.
Le président Hennebois liste les dépenses suspectes ayant vidé les comptes de la Villa Sainte-Rose, notamment des voyages à l’étranger du couple Vocanson durant l’été 2018. Le prévenu justifie chaque destination : Rome « pour acheter du carrelage », Marrakech « pour ramener de la pierre de Taza », Belgrade « pour des fenêtres en triple vitrage ». Les repas à quatre chiffres ? « Je recherchais des investisseurs pour essayer de vendre le dernier appartement. »
Un passé judiciaire chargé
Bruno Vocanson cumule sept condamnations antérieures, dont deux dans des dossiers immobiliers comme la Résidence du Palais à Saint-Étienne. Ses 16 liquidations judiciaires en 2016 n’entament pas sa défense : il revendique « plusieurs programmes réussis comme le château de Cuzieu ».
Me Christophe Montméat, avocat de Desjoyaux Finances, ne mâche pas ses mots : « Ce couple, c’est les Bonnie and Clyde de la liquidation. On imaginait la fin de la saga Vocanson dans la Loire, mais j’apprends qu’il continue avec une autre société en Angleterre. »
Des victimes encore meurtries
Un médecin cannois témoigne de sa détresse : « Nous étions convaincus du bien-fondé de cette opération, je suis choquée de voir qu’il a utilisé l’argent de ses sociétés à des fins personnelles. » L’avocate des parties civiles, Me Leslie Perot Lerda, déplore : « Il n’y a pas eu un mot des prévenus pour les parties civiles, durement éprouvées. »

