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Le vice-procureur Henry de Montaigne de Poncins a tiré la sonnette d’alarme concernant la sécurité des travailleurs foréziens. Si aucun décès n’est heureusement à déplorer cette année (contre 2 en 2024), le nombre global d’accidents du travail a explosé, passant de 44 dossiers en 2023 à 71 en 2025. Plus préoccupant encore, Montbrison dépasse désormais Saint-Étienne avec 21 accidents graves contre 15 dans la préfecture.
Cette singularité locale s’explique par la typologie du territoire et des entreprises. Le magistrat pointe deux fléaux majeurs : les chutes de hauteur (six accidents impliquant souvent des artisans sur des abris ou des regards) et les machines défectueuses ou non conformes (huit cas). La ruralité et la prédominance du secteur du bâtiment expliquent cette vulnérabilité particulière du bassin montbrisonnais.
Une justice prud’homale de qualité reconnue
Paradoxalement, la qualité de la justice rendue confirme l’excellente réputation de la juridiction montbrisonnaise. Le taux d’appel s’est effondré de manière spectaculaire, passant de 54,5% en 2023 à seulement 31,5% en 2025. « Cela signifie que la décision est acceptée et donc plus facilement exécutée », se félicite Jean-Luc Michaud-Gros-Benoit à nos confrères du Progrès.
Le nombre de départages reste anecdotique avec seulement 4 cas, signe d’une convergence de vision remarquable entre patrons et salariés. Seule ombre au tableau : l’allongement des délais de traitement, passés de 8,6 mois à 11,2 mois. Cette dégradation préoccupe le président sortant alors que l’activité reste soutenue avec 158 dossiers déposés en 2025 et 130 traités. Cette tension reflète les difficultés croissantes de la justice pour répondre dans des délais raisonnables.
Opposition aux réformes nationales
Jean-Luc Michaud-Gros-Benoit a fermement défendu la gratuité de l’accès au juge, s’opposant au projet gouvernemental d’un timbre fiscal de 50 euros qu’il qualifie d’atteinte à un droit fondamental. Il s’est également montré sceptique sur l’extension de la médiation payante, estimant qu’un coût entre 400 et 1 200 euros ne peut que fragiliser le demandeur le plus précaire. Bernard Guilhot nuance cette position en défendant la médiation comme outil nécessaire pour apaiser les débats avant la conciliation.
L’audience s’est terminée sur une note positive avec la résolution de l’épineux problème du stationnement grâce à l’obtention d’un parking dédié aux conseillers. Cette petite victoire concrète récompense ceux qui donnent bénévolement de leur temps pour faire vivre cette justice de proximité essentielle au dialogue social local.

