Comme chaque début d’année, les deux villes se battent aussi pour la deuxième place des communes les plus peuplées de la Loire. Un duel sportif, démographique… et désormais politique. Sur le terrain, le basket. En coulisses, une ambiance beaucoup plus électrique. À l’approche de la fin de mandat municipal, les deux villes vivent une période de forte instabilité. Démissions, conflits internes, enquêtes judiciaires : la politique locale ressemble parfois à un feuilleton à rebondissements.
Depuis le départ d’Hervé Reynaud pour le Sénat, Saint-Chamond est plongée dans une lutte de pouvoir ouverte. Deux anciens adjoints, Axel Dugua et Jean-Luc Degraix, se sont disputé la succession. Le premier a finalement accédé au fauteuil de maire, mais la fracture politique est restée profonde. Jean-Luc Degraix a claqué la porte, bientôt suivi par plusieurs élus de l’ancienne majorité. Aujourd’hui, les deux hommes préparent chacun leur propre liste pour les prochaines municipales, au risque de fragmenter l’électorat de droite.
Accusations croisées et enquêtes en toile de fond
À cette rivalité politique s’ajoute une autre confrontation, cette fois entre la municipalité et l’opposante Isabelle Surply. Celle-ci met en cause la gestion de certains dossiers municipaux, évoquant des soupçons de favoritisme et de mauvaise utilisation de fonds publics. En retour, les élus visés parlent de diffamation. Comme si cela ne suffisait pas, la mairie a été la cible de deux perquisitions dans une affaire portant sur de possibles irrégularités liées aux heures supplémentaires des agents municipaux. Un climat pesant, qui alimente l’idée d’un bras de fer judiciaire à venir.
Roanne : une tempête politique de catégorie supérieure
Si Saint-Chamond traverse une zone de fortes turbulences, Roanne, elle, est clairement dans l’œil du cyclone. Depuis sa réélection en 2020, Yves Nicolin fait face à une opposition interne et externe d’une intensité rare. La situation s’est dramatiquement tendue après le suicide de son ancienne cheffe de cabinet. Cet événement a provoqué une rupture avec certains de ses proches collaborateurs, devenus depuis des adversaires déterminés. Dans ce contexte, une enquête pour harcèlement moral vise directement le maire.
Conflits d’intérêts
Le maire et président de l’agglomération est également concerné par plusieurs investigations portant sur de possibles conflits d’intérêts. Elles touchent à des ventes de terrains pour divers projets immobiliers privés, ainsi qu’à la construction d’équipements publics comme l’école Louise-Weiss. À cela s’ajoutent des tensions autour du financement de la future piscine intercommunale, dénoncé par la maire du Coteau, qui a perdu ses délégations à la suite de cette prise de position. Un collectif politique local a aussi signalé des interrogations sur l’attribution du service de transport public à Transdev, en raison des liens personnels entre le dirigeant de l’entreprise et Yves Nicolin.
Les ennuis ne s’arrêtent pas là. Plusieurs proches du maire sont eux aussi concernés par des affaires judiciaires. Un ancien responsable de structure publique reste sous enquête pour détournement de fonds, malgré un appel dans une autre procédure. Plus récemment encore, l’adjoint à la sécurité a quitté ses fonctions après sa mise en examen. Il avait remis aux autorités une arme qui s’est révélée liée à une fusillade survenue en 2023. Un épisode qui a jeté une ombre supplémentaire sur l’exécutif roannais.
🏁 Verdict provisoire : Roanne gagne le match… du chaos
Si l’on devait établir un score politique, Roanne l’emporterait largement en matière de crises et de dossiers judiciaires. Saint-Chamond traverse une période agitée, mais reste en division inférieure comparée à la complexité et à la gravité des affaires roannaises. Un derby qui, cette fois, se joue loin des paniers, mais où chaque camp semble déterminé à ne rien lâcher. Le public, lui, observe un spectacle politique aussi passionné qu’inquiétant.

