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Depuis le début du mouvement de grève des médecins généralistes, les centres de soins non programmés sont devenus le plan B incontournable pour des centaines de patients. À la clinique mutualiste de Bellevue, le Centre de soins immédiats (CMSI 42) tourne à plein régime. Le standard n’a jamais autant sonné, les salles d’attente se remplissent vite, très vite. « On est au maximum de ce qu’on peut absorber », confie le Dr Florent Crouzet au Progrès, médecin au CMSI. « Sans nos deux secrétaires, ce serait ingérable. »
L’explosion de la fréquentation ne s’explique pas uniquement par la grève. Elle résulte d’un cocktail explosif : épidémie de grippe particulièrement forte, gastro-entérites en série, chutes liées au verglas… et médecins libéraux indisponibles. Résultat : un afflux massif de patients qui n’ont plus d’autre solution pour se faire soigner.
+30 % de patients : la salle d’attente sous pression
Depuis le début de la semaine, le CMSI 42 constate une augmentation d’environ 30 % de son activité. Une surcharge qui oblige les équipes à faire des choix. Les situations urgentes passent en priorité, tandis que les pathologies bénignes sont parfois repoussées au lendemain. « On doit trier, sinon tout s’effondre », résume le Dr Crouzet.
Dans la salle d’attente, la patience devient une véritable monnaie d’échange. Vanessa, venue pour une forte grippe, a attendu plusieurs heures. Avant d’arriver à Bellevue, elle avait tenté plusieurs maisons médicales, sans succès. Certaines étaient fermées, d’autres totalement saturées. Même scénario pour Nadia et Loïc, venus équipés d’ordinateurs portables pour travailler dans la salle d’attente.
Le CMSI 42 joue un rôle de soupape face aux urgences du CHU, déjà sous tension en temps normal. Sans ce type de structure, l’hôpital serait encore plus engorgé. Mais aujourd’hui, même ce rempart commence à montrer ses limites. Les médecins du centre ne sont pas en grève, mais ils soutiennent pleinement leurs confrères.
Et après ? Toujours l’attente…
« On est en accord total avec leurs revendications », explique le Dr Xavier Poble, responsable médical du CMSI. « Mais financièrement, on ne peut pas se permettre d’arrêter l’activité. Et puis, avec la situation actuelle, on serait probablement réquisitionnés. » Le Dr Crouzet ajoute à nos confrères du Progrès : « On continue surtout parce qu’on sait que les gens ont besoin de nous. Mais au fond, dans le public, le privé ou le libéral, on a tous le même sentiment : personne ne nous écoute vraiment. »
La fin du mouvement est annoncée pour le 15 janvier. Si la grève n’est pas prolongée, la pression devrait progressivement retomber. Mais pour l’instant, à Bellevue, chaque journée ressemble à une course contre la montre : soigner vite, soigner bien, et surtout… tenir.

