Les verres s’enchaînent, notamment des shooters de rhum. Lorsque ses amis quittent les lieux, il poursuit la soirée avec un autre client, jusqu’à ce que le gérant décide de stopper le service à son égard, constatant son état d’ébriété. Cette décision déclenche une réaction immédiate et incontrôlée.
Menaces de mort et propos incendiaires contre le personnel
Refusant d’accepter qu’on ne lui serve plus d’alcool, le client devient agressif. Les insultes fusent, il fait le tour du bar et s’en prend physiquement au patron en l’attrapant par le col. Un autre client intervient pour l’éloigner, mais se retrouve aussitôt menacé à son tour. L’homme promet de revenir, profère des menaces de mort et affirme qu’il va incendier l’établissement.
Il se vante également de sortir de prison pour meurtre et simule un appel téléphonique pour faire croire qu’il donne des instructions afin de mettre le feu au bar. À plusieurs reprises, il quitte les lieux puis revient pour renouveler ses menaces.
Une violence qui se poursuit face aux forces de l’ordre
Interpellé vers 23 h 50, son comportement ne s’apaise pas. Au contraire, il multiplie les outrages et les menaces envers les policiers municipaux puis nationaux. Il évoque l’idée de « vider un chargeur », de « trancher des gorges » et de « brûler le commissariat ». Pendant son transfert, il se cogne volontairement la tête contre la vitre du véhicule de police, puis contre celle de sa cellule. La présidente du tribunal parlera plus tard d’un flot continu d’insultes et de menaces, révélateur d’une perte totale de contrôle.
La perquisition menée à son domicile permet de découvrir plusieurs objets ressemblant à des armes : deux pistolets de type airsoft, un pistolet d’alarme et des munitions non percutées. Le prévenu affirme qu’il s’agit d’objets de collection et de décoration, qui n’auraient jamais quitté son logement.
Mais au-delà de ces éléments matériels, c’est surtout son passé judiciaire qui marque les débats. L’homme a déjà été condamné à neuf reprises, notamment à trente ans de réclusion criminelle pour assassinat en 2001. Un parcours pénal lourd, qui rend ses menaces particulièrement inquiétantes aux yeux de la justice.
La défense invoque l’alcool et la détresse personnelle
À l’audience, le ton est radicalement différent. L’homme se montre honteux et reconnaît un comportement inacceptable. Il explique avoir « perdu pied » sous l’effet combiné de l’alcool et de médicaments. Il affirme ne pas comprendre comment il a pu aller aussi loin et présente ses excuses aux victimes absentes.
Son avocate insiste sur le rôle central de l’alcool dans cette explosion de violence et sur un mal-être personnel ravivé par une période d’arrêt de travail. Elle plaide pour une peine aménagée, permettant à son client de conserver son logement et son emploi, tout en engageant un suivi médical.
Le parquet avait requis une peine de seize mois de prison, dont une partie avec sursis. Le tribunal suit globalement ces réquisitions. L’homme est condamné à seize mois d’emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire. Les dix mois fermes seront exécutés à domicile, sous bracelet électronique. À cette peine s’ajoutent plusieurs interdictions : ne plus entrer en contact avec les victimes, ne plus fréquenter de débits de boissons, ne plus détenir d’arme pendant cinq ans. Il devra également entamer un suivi en addictologie.
À la sortie de l’audience, le quinquagénaire quitte le tribunal libre, mais placé sous contrôle strict. Une décision qui cherche à concilier fermeté judiciaire, prévention de la récidive et accompagnement face à l’addiction.

