Même en additionnant les capacités de son voisin du Chartrain, le taux global ne dépasse pas les 41%. Cette situation préoccupante pousse Roannaise de l’eau à tirer la sonnette d’alarme et à réclamer de nouvelles mesures d’urgence.
Si le barrage du Chartrain affiche des statistiques plus rassurantes avec près de 80% de remplissage, la réalité est moins rose qu’il n’y paraît. Une prolifération de cyanobactéries compromet gravement l’exploitation de près de la moitié de ses réserves, réduisant d’autant les volumes réellement disponibles pour l’alimentation en eau potable.
Face à cette situation tendue, les responsables locaux multiplient les démarches. Lors d’une réunion organisée vendredi 26 juillet en présence de la préfecture, de l’Office français de la biodiversité, de l’Agence régionale de santé et d’associations locales, une nouvelle requête a été formulée. Après avoir déjà obtenu en avril l’autorisation de réduire le débit restitué en aval de 300 à 125 litres par seconde, le syndicat sollicite désormais un abaissement supplémentaire à 70 litres par seconde.
Mardi, jour de vérité
La décision préfectorale tant attendue devrait tomber ce mardi matin. En cas d’acceptation, elle déclencherait automatiquement un durcissement des restrictions déjà en vigueur, avec de possibles nouvelles limitations touchant aussi bien les usages domestiques qu’industriels de l’eau potable.
Daniel Fréchet, qui préside Roannaise de l’eau, se veut rassurant tout en restant vigilant. Selon lui, la situation demeure « difficile mais pas dramatique ». Il insiste sur la dimension préventive des mesures actuelles, expliquant que « les économies d’eau réalisées maintenant visent à sécuriser les réserves pour la rentrée de septembre ».
Paradoxalement, les précédentes limitations n’ont pas produit l’effet escompté sur la consommation quotidienne. Celle-ci reste stable autour de 18 000 mètres cubes par jour, dont 11 000 proviennent directement des barrages. Cette résistance des habitudes de consommation complique la gestion de la crise.
Un air de déjà-vu avec 2003
Cette situation n’est pas sans rappeler les événements de 2003, lors de la précédente vidange complète du barrage du Rouchain. À l’époque, la sécheresse avait également contraint les autorités à abaisser le débit réservé sur la rivière Renaison à 70 litres par seconde, avec des répercussions notables sur l’écosystème aquatique.
En attendant les décisions préfectorales, la sensibilisation du public reste l’arme principale de Roannaise de l’eau. L’objectif : sécuriser la ressource jusqu’aux premières pluies automnales, seul véritable espoir de soulagement pour ces réservoirs assoiffés.


