Placé sous contrôle judiciaire, le prévenu devait respecter une interdiction de sortie entre 20 heures et 7 heures du matin. Pourtant, le 21 novembre dernier, il s’est offert quelques largesses avec cette obligation depuis son domicile de Saint-Romain-le-Puy.
Au volant de sa Citroën C3, il s’est rendu dans le Rhône, à Vénissieux, avant de revenir stationner sur le parking de la Bonbonnière à Saint-Just-Saint-Rambert. Les gendarmes l’ont interpellé vers 23h30 pour un contrôle technique périmé.
La fouille du véhicule a révélé un butin conséquent : plus de 1 000 euros en liquide et près de 200 grammes de cannabis. Une quantité qui dépasse largement le cadre d’une simple consommation personnelle aux yeux des forces de l’ordre.
Des aveux suivis d’un refus de coopération
« Que faisiez-vous à Vénissieux alors que vous n’aviez pas le droit de sortir ? », a demandé Joël Hennebois, président du tribunal. Le prévenu a avoué sans détour : « Ces derniers temps, je n’étais pas très sérieux avec le contrôle judiciaire. Je suis allé acheter de la drogue. »
Interrogé sur une possible revente, il a nié : « Non, c’est pour ma conso perso. » Face à l’étonnement du magistrat sur la distance parcourue, Kévin Delorme a justifié : « La beuh à Vénissieux est bien meilleure qu’à Saint-Étienne. »
Le président a alors tenté d’obtenir des informations sur les points de deal : « Vous connaissez tous les points de deal à Vénissieux ? Oui. Vous allez nous donner les lieux, ils sont dans votre téléphone ? Oui. Quels sont les codes ? »
Mais le prévenu s’est ravisé in extremis : « J’vous dirai pas. » Cette formule est devenue son refrain dès qu’une question le dérangeait.
Un passif judiciaire déjà lourd
Si l’homme était sous contrôle judiciaire, c’est parce qu’il avait déjà été interpellé avec 1,3 kilogramme de cannabis et 26 000 euros en liquide lors d’une affaire précédente.
Concernant les 400 euros trouvés dans sa boîte à gants lors du dernier contrôle, il a d’abord refusé de répondre avant de finalement prétendre : « Je les ai gagné à Parions Sport. »
La représentante du ministère public n’a pas caché son agacement : « Pour une consommation personnelle, c’est particulièrement énorme, même sur une longue durée. Le prévenu est impliqué dans un trafic de stupéfiants et il affiche une attitude dont la volonté est de ne pas coopérer. »
Le tribunal a suivi les réquisitions de la procureure : un an de prison avec maintien en détention, confiscation du numéraire et du véhicule, ainsi qu’une amende de 1 500 euros.

