La condamnation de Gaël Perdriau et sa mise hors-jeu définitive par la justice changent radicalement la donne pour les élections municipales de mars 2026. Depuis l’éclatement de l’affaire de la sextape en août 2022, les formations politiques stéphanoises avaient les yeux rivés sur ce scrutin. Désormais, avec l’élimination du maire sortant, les candidats peuvent se positionner plus clairement dans une campagne qui s’annonce comme une bataille pour la reconquête de l’hôtel de ville.
Six candidats déjà sur les rangs
L’échiquier politique stéphanois compte déjà plusieurs prétendants déclarés : Romain Brossard pour Lutte ouvrière, Valentine Mercier pour LFI, Régis Juanico (PS) pour l’union de la gauche et des écologistes, Dino Cinieri (LR) pour l’union de la droite et du centre, Éric Le Jaouen (Horizons) pour la droite et Corentin Jousserand pour le RN. Cette liste n’est probablement pas définitive, même si des rumeurs circulent sur un candidat issu de la majorité actuelle qui tenterait de conserver la mairie – avec des chances de réussite jugées incertaines.
La gauche promet une rupture
Valentine Mercier, candidate LFI, affiche sa ligne politique sans ambiguïté : « Gaël Perdriau ou pas, notre ligne restera la même : combattre la droite et porter un programme de rupture pour une ville sociale, écologiste, démocratique et solidaire. » Elle rappelle également la proposition de son parti d’instaurer un référendum révocatoire permettant aux citoyens de révoquer leurs élus en cours de mandat.
Régis Juanico, qui se positionne comme le candidat du rassemblement de la gauche, mesure l’ampleur du chantier : « Il faudra du temps pour reconstruire, refermer les plaies, rattraper le temps perdu et les occasions manquées. » Le député socialiste se voit naturellement comme le mieux placé pour mener cette reconstruction et promet de « travailler au redressement de notre ville, dans l’apaisement et la sérénité ».
La droite veut restaurer la confiance
Dino Cinieri, candidat LR, se félicite de cette page qui se tourne : « Avec cette condamnation, une page va pouvoir se tourner pour Saint-Étienne. Notre ville va pouvoir à présent avancer et retrouver la confiance de nos partenaires. » Il formule un engagement clair : « Je veux que les Stéphanois soient à nouveau tous fiers d’être Stéphanois. Ils peuvent compter sur moi et sur le collectif qui m’entoure pour y consacrer tout notre temps et toute notre énergie. »
Éric Le Jaouen, représentant Horizons, rêve lui aussi d’incarner le renouveau : « Nous devons désormais ouvrir un nouveau cycle : celui du renouveau, de la transparence, du respect des citoyens, de la fierté retrouvée. Les Stéphanois veulent se réapproprier leur ville et voir émerger une gouvernance qui rassemble plutôt qu’elle ne divise. »
Corentin Jousserand, candidat RN resté discret jusqu’ici, espère simplement « qu’on va enfin parler des municipales et non plus du chantage à la sextape ».
Avec la condamnation définitive de Gaël Perdriau, c’est donc une nouvelle campagne qui débute réellement, centrée non plus sur les scandales du passé mais sur les projets pour l’avenir de Saint-Étienne. Les trois prochains mois s’annoncent décisifs pour dessiner le visage politique de la ville.

