L’information s’est glissée entre deux délibérations ordinaires sous la simple mention protection fonctionnelle, accompagnée d’une page blanche dans l’ordre du jour. Cette présentation minimaliste a immédiatement créé une tension dans l’assemblée municipale.
Axel Dugua, accompagné de Florence Vanelle et Raphaël Bernou, a quitté la salle pour laisser la présidence à son premier adjoint Régis Cadegros. Ce dernier a confirmé avoir reçu le 18 juin trois courriers demandant la mise en œuvre de la protection fonctionnelle, suite à un arrêté de déport du maire daté du 17 juin qui lui transférait temporairement cette responsabilité.
Cette procédure administrative permet d’éviter tout conflit d’intérêts puisque le maire figure lui-même parmi les bénéficiaires de cette protection. Régis Cadegros a précisé qu’il s’agissait d’une simple information, sans vote ni débat prévu.
Cinq plaintes au cœur de la controverse
Bien que les détails n’aient pas été officiellement communiqués lors de la séance, cette protection fonctionnelle s’inscrit dans le contexte des cinq plaintes annoncées par la municipalité contre Isabelle Surply, conseillère d’opposition d’extrême droite.
Ces poursuites se répartissent en trois plaintes pour diffamation publique aggravée et deux pour dénonciation calomnieuse. Elles font suite aux accusations portées par l’élue d’opposition concernant un achat controversé de véhicules communaux. L’opposante avait elle-même annoncé son intention de porter plainte dans cette affaire.
La protection fonctionnelle accordée garantit la prise en charge intégrale par les finances municipales des honoraires d’avocats et autres frais de procédure pour les trois élus concernés.
Patricia Simonin-Chaillot, représentante écologiste de l’opposition, a vivement contesté cette décision. Elle dénonce le fait que les Saint-Chamonais paient pour que vous puissiez aller en justice, rappelant que l’opposition finance elle-même ses recours contentieux contre les décisions de la majorité.
L’élue écologiste a évoqué l’exemple d’Hervé Reynaud qui avait organisé une cotisation parmi les membres de sa liste pour financer sa défense, chacun contribuant à hauteur d’une cinquantaine d’euros. Cette méthode lui paraît plus éthique que le recours aux fonds publics, même si l’ancien maire percevait plus de 10 000 euros d’indemnités mensuelles.
Isabelle Surply critique le manque de transparence
La principale intéressée s’est exprimée sans entrer dans le fond du dossier. Forte de ses deux mandats électifs, elle revendique avoir toujours financé ses frais de justice sur ses deniers personnels, sauf dans les cas de menaces, outrages ou violences liées à l’exercice de ses fonctions.
Isabelle Surply dénonce particulièrement l’absence de vote sur cette décision et le manque d’informations fournies aux élus et aux habitants. « Vous dites tout sans rien dire, juste pour créer un petit buzz », lance-t-elle. Elle menace d’attaquer la municipalité si cette protection fonctionnelle s’avère demandée de manière abusive, rappelant qu’il s’agit d’argent public nécessitant une justification transparente.
Axel Dugua avait précédemment justifié ces poursuites en évoquant des « propos inadmissibles qui affectent les élus et leurs familles qui se font salir publiquement ». Il avait souligné la souffrance de ses collègues face à ces attaques publiques.
Cette dimension humaine du conflit apparaît également dans les propos de Jean-Luc Degraix, ancien adjoint passé dans l’opposition, qui témoigne de l’honnêteté de Florence Vanelle et de son époux tout en se montrant plus réservé concernant le maire et Raphaël Bernou.
Jean-Luc Degraix dénonce un traitement inéquitable
L’ex-adjoint pointe une incohérence dans l’attitude de la majorité. Il rappelle les attaques personnelles qu’il a subies lors de son passage dans l’opposition, notamment les qualificatifs de « traître » qui ont eu des répercussions sur sa famille.
Jean-Luc Degraix évoque l’impact sur sa fille qui a entendu dans la cour d’école : « il paraît que ton père c’est un traître et un faignant ! » Il souligne que la majorité ne s’était pas préoccupée des conséquences familiales de ses attaques à l’époque.
Un précédent douloureux rappelé
L’ancien adjoint mentionne également la plainte déposée par Hervé Reynaud contre l’ancienne directrice de cabinet Alexandra Corrieras, classée sans suite depuis. Il souligne les souffrances infligées à cette famille sans que la majorité actuelle ne s’en émeuve à l’époque.
Face à cette escalade conflictuelle, Jean-Luc Degraix appelle à un retour au calme : « Arrêtez avec tout ça. Revenons aux affaires municipales. Concentrez-vous sur le débat d’idées. »
Malgré les interpellations de l’opposition et l’autorisation finalement accordée de débattre, la majorité municipale n’a livré aucune information complémentaire sur le dossier. Cette stratégie du silence alimenta les critiques sur le manque de transparence et la gestion de l’argent public dans cette affaire judiciaire qui divise profondément le conseil municipal.


