© Ville de Saint-Chamond.
Une surface importante de 1 300 m², abritée sous un plafond situé à 19 mètres, en plein centre-ville : voilà les principaux atouts de ce qu’on appelle désormais l’espace Notre-Dame, puisque l’église a été désacralisée par l’évêque en septembre 2022, après de nombreuses années d’incertitude autour du devenir de ce bâtiment auquel les Couramiauds restent attachés.
« Véritable symbole de la ville, Notre-Dame est dans le cœur des Saint-Chamonais », estime Jean-Luc Degraix au Progrès. « Emblème situé au cœur de Saint-Chamond » pour Axel Dugua, « ce bâtiment historique dans lequel de nombreux Saint-Chamonais et Saint-Chamonaises ont vécu des moments forts » pour Jean Minnaert, les candidats aux élections municipales n’ont pas de mots assez forts pour qualifier le lieu.
Seul André Moulin rappelle le coût élevé du bâtiment : « Construite en pierre friable et bon marché, ce sont les contribuables qui ont payé intégralement les travaux. Le diocèse n’a pas mis un euro pour aider la municipalité ! » déplore-t-il. Ce vieux bâtiment de 150 ans a effectivement coûté beaucoup d’argent depuis vingt ans. Dernièrement, 700 000 euros ont été réinvestis pour sa sécurisation avant réouverture au public en décembre 2024.
Axel Dugua mise sur la continuité culturelle
Depuis sa fermeture à la Pentecôte 2004, les maires successifs ont connu leur lot de péripéties avec Notre-Dame. Elle n’a rouvert qu’après vingt ans, sous le mandat d’Axel Dugua. Le maire actuel (Les Républicains) rappelle avoir fait réaliser « les travaux de sécurisation et d’éclairage pour lui redonner toute sa place dans la vie de la cité ».
Il souhaite poursuivre sur cette lancée : « Des expositions, des temps culturels, le marché de Noël ont attiré déjà des milliers de visiteurs et démontré son potentiel exceptionnel. Notre ambition est de prolonger cette dynamique pour que les Saint-Chamonais se réapproprient cet espace auquel ils tiennent tant. Nous en ferons un lieu vivant, accessible et partagé, ouvert à tous dans le respect de son histoire et de sa valeur patrimoniale. »
Jean-Luc Degraix veut du culturel, mais avec respect
« Aujourd’hui la municipalité commence des chantiers, mais ne les termine pas », critique Jean-Luc Degraix (ex-LR, divers droite et centre) qui rappelle son engagement dans le comité de sauvegarde de l’église en 2009, quand la municipalité du socialiste Philippe Kizirian avait envisagé un temps de démolir le bâtiment.
« Aujourd’hui, Notre-Dame est désacralisée, mais dans son architecture, ses vitraux, son âme de pierre, elle demeure une église ! Et le lieu doit être respecté ! Si je suis maire, il n’y aura plus de course à pied à l’intérieur de l’église comme cela s’est déjà produit », assure-t-il, en faisant référence au parcours du trail urbain de Saint-Chamond qui, l’an dernier, comportait un passage par l’ancienne église.
L’ancien adjoint à l’urbanisme reste cependant sur une ligne culturelle : « Notre-Dame sera un lieu culturel dont la programmation sera respectueuse du site. D’ailleurs, le devenir de Notre-Dame questionne notre politique en matière de patrimoine. »
Isabelle Surply privilégie l’acoustique
« Il faut revoir le règlement d’utilisation de Notre-Dame », propose Isabelle Surply (ex-RN, ex-Reconquête !, divers droite)au Progrès, qui n’était pas non plus favorable au passage du trail. Elle souhaite « réserver ce lieu à des événements sonores en raison de l’acoustique (concerts de musique, spectacles de chants…) et culturels en raison de son histoire (expositions, marchés, etc.) et estime que même si elle a été désacralisée cela reste une église. »
Jean Minnaert veut une réflexion collaborative
Jean Minnaert (Union de la gauche) souhaite « que cet espace bénéficie aux acteurs de la culture, du sport et plus largement aux associations. Nous voulons en faire un lieu de rencontres des habitants et d’échanges intergénérationnels. »
Pour autant, il se dit ouvert à d’autres propositions : « Nous n’avons pas établi un projet tout ficelé pour cet équipement municipal. Nous voulons travailler avec les habitants et les associations à la définition d’un projet qui fasse sens et apporte de la cohésion sociale. Nous ouvrirons une réflexion collaborative. »
André Moulin veut désacraliser toutes les églises
De son côté, André Moulin (Lutte ouvrière) n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Puisque ce sont tous les contribuables qui paient, ils doivent en profiter ! Il est évident que ce bâtiment devait être désacralisé : qu’il serve à des choses utiles à la population, comme lieu culturel pour des spectacles, des expositions, des débats. C’est tant mieux, et c’est le minimum ! »
Il va plus loin concernant l’ensemble du patrimoine religieux : « C’est une bonne chose d’avoir désacralisé Notre-Dame, il faudrait faire de même avec les autres églises appartenant à la municipalité, n’en déplaise à certains nostalgiques et grenouilles de bénitier. »
Et les autres églises couramiaudes ?
Au-delà de Notre-Dame, les candidats ont également des positions sur l’entretien du patrimoine religieux communal. Jean-Luc Degraix fait de « la rénovation du clocher de l’église Saint-Pierre une priorité ». Axel Dugua privilégie « des interventions ciblées sur la sécurité, les toitures, les façades et la conservation des éléments remarquables ».
Jean Minnaert propose d’étudier « les besoins d’entretien des églises en lien avec les responsables des communautés qui les utilisent et les services de l’État compétents pour envisager un plan pluriannuel ». Isabelle Surply estime qu’elles « font partie du patrimoine et la commune doit faire son maximum avec les autres collectivités pour entretenir, rénover et sauver ce qui représente l’histoire de France et de la vallée du Gier ».
Entre respect du patrimoine, ouverture culturelle et questions budgétaires, l’avenir de l’ancienne église Notre-Dame sera l’un des dossiers chauds de la prochaine mandature couramiaude.

