Trois ans plus tard, cette pratiquante assidue témoigne à nos confrères du Progrès : « Ça allie bien le corps et l’esprit, c’est vraiment une belle découverte. » Son parcours résume l’essence du Saint-Étienne Apnée Challenge organisé le 1er février à la piscine Raymond-Sommet.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 1 000 licenciés en 2012 à 26 000 aujourd’hui selon Yann Barbanceys, moniteur au CSPSM. Cette progression spectaculaire contraste avec les difficultés locales. Les créneaux piscine se raréfient, passant de trois séances hebdomadaires d’1h30 à une seule heure cette saison. Une situation que déplore Thierry Dubouchet, responsable de la section apnée : « C’est un sujet compliqué… Nous essayons de mettre en valeur notre sport pour montrer aux décideurs ses bienfaits. »
Un plateau sportif de haut niveau
Le challenge rassemblera 37 sportifs dont des figures nationales : Stéphane Tourreaub (record de France d’apnée en poids variable), Vivien Richard (plus jeune champion de France d’apnée dynamique, originaire de Saint-Martin-la-Plaine), et Gaëlle Brousse (4e aux championnats du monde CMAS 2025 à Athènes). Cette présence d’élite témoigne du rayonnement de cet événement organisé avec le club Eau Bleue 42 de Saint-Chamond.
Malgré ce plateau relevé, l’événement reste accessible. « Les performances sont certes comptabilisées pour l’accès aux championnats de France, mais il y aura aussi des débutants », précise Yann Barbanceys au Progrès. Seule condition : être licencié dans un club. Cette philosophie inclusive permet de démocratiser une discipline parfois perçue comme élitiste ou dangereuse.
Le défi de l’espace aquatique stéphanois
À la piscine Grouchy, les apnéistes cohabitent avec les autres usagers dans un espace aquatique contraint. Les cours de natation se déroulent simultanément, illustrant la difficulté d’accès aux créneaux. Cette promiscuité, loin d’être un problème, normalise la présence des apnéistes et peut susciter la curiosité des autres nageurs.
Le CSPSM, créé en 1964, a développé sa section apnée il y a dix ans. Avec 40 adhérents, elle atteint ses limites d’accueil dans le contexte actuel. « Cela fonctionne bien, mais on va avoir du mal à accueillir plus de public », reconnaît l’encadrement. Cette croissance maîtrisée reflète l’équilibre entre développement de la discipline et contraintes infrastructurelles.

