C’est en soirée que les flammes se sont déclarées à l’intérieur de l’église, nichée entre la rue Élise-Gervais et la rue de la République, à deux pas de la place Jean-Moulin. Selon toute vraisemblance, une défaillance du réseau électrique serait à l’origine du sinistre, ce dernier ayant entièrement brûlé selon les informations communiquées par le maire Jean-Pierre Berger. Le système d’alarme incendie, pourtant obligatoire dans tout établissement recevant du public, a lui aussi été mis hors service par le feu. Résultat : l’édifice demeure inaccessible au public depuis plus de trois mois, sans perspective de réouverture à court terme.
Des travaux complexes qui s’annoncent longs
Avant même d’entreprendre les réparations, plusieurs étapes préalables s’imposent. La propagation de suie dans l’ensemble de l’église nécessite une analyse approfondie pour détecter une éventuelle présence de plomb ou d’amiante dans les dépôts. Ce n’est qu’une fois ces vérifications effectuées que les travaux pourront véritablement débuter.
La remise en état du réseau électrique, qui aurait subi de nombreuses réparations de fortune au fil des décennies, devra être intégralement reprise. Ces opérations, conduites en lien avec un architecte du patrimoine compte tenu du classement de l’édifice aux Monuments historiques, mobiliseront plusieurs mois de chantier. Le coût total des travaux n’est pas encore connu à ce stade.
un patrimoine exceptionnel heureusement préservé
Fort heureusement, le sinistre n’a pas atteint la structure de l’édifice ni les nombreux trésors qu’il abrite. De style néo-byzantin, Sainte-Marie de la Visitation est considérée comme l’église la plus décorée de Saint-Étienne, avec ses peintures murales, ses mosaïques et son mobilier d’exception.
Parmi ses richesses figure un trésor d’une valeur inestimable : la Sainte-Épine de la couronne du Christ, conservée dans un magnifique reliquaire et accompagnée d’une lettre manuscrite du roi Saint-Louis datée d’août 1239, conservée dans la chapelle dédiée à la Vierge.
Propriété de la municipalité comme toutes les églises construites avant la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, l’édifice avait bénéficié en 2022 d’un investissement de 650 000 euros, financé à hauteur de 25 % par la Direction régionale des affaires culturelles, pour la restauration de sa toiture, de ses trois dômes en cuivre et de son grand vitrail de l’Assomption. Ces travaux récents, heureusement, n’ont pas été affectés par l’incendie.

