Les faits se sont déroulés à proximité du refuge. Ce jour-là, Tokyo était sortie en promenade avec une bénévole de la SPA. Selon les éléments recueillis, les règles strictes encadrant la sortie de l’animal n’auraient pas été respectées : la chienne n’était ni muselée ni tenue en laisse, malgré un passé déjà marqué par une première morsure en 2021. « Les consignes étaient claires depuis longtemps », rappelle Michel Debout, président de la SPA du Roannais. « Là, elles n’ont pas été appliquées. Et aujourd’hui, c’est le chien qui en subit les conséquences. »
La victime, un policier municipal circulant à vélo hors service, a détaillé l’attaque dans un rapport transmis à la mairie. Selon son témoignage, Tokyo se trouvait à distance de sa promeneuse, occupée au téléphone, lorsqu’elle s’est précipitée vers lui. Il affirme avoir été mordu une première fois alors qu’il était encore sur son vélo, puis à nouveau après être tombé au sol, notamment aux fesses et au mollet. L’intervention rapide d’un collègue aurait permis de maîtriser l’animal. L’agent a bénéficié de six jours d’arrêt de travail.
Cette version est toutefois contestée par une pétition lancée par la Confédération nationale défense de l’animal (CNDA), qui évoque un simple réflexe de défense et des blessures légères. Plus de 24 000 personnes ont signé ce texte. Si la SPA du Roannais a relayé la pétition et sollicité l’avocat de la CNDA, elle prend aujourd’hui ses distances avec cette présentation des faits. « Il y a bien eu plusieurs morsures sérieuses », reconnaît Michel Debout, qui souligne également que la réactivité de Tokyo face aux vélos était connue.
Après l’incident, le maire de Roanne, Yves Nicolin, a pris un arrêté ordonnant l’euthanasie de la chienne, s’appuyant sur son historique et sur une évaluation comportementale défavorable, classant l’animal à un niveau de dangerosité de 3 sur 4. « Ma responsabilité est d’assurer la sécurité des personnes. Je ne peux pas laisser un chien mordeur représenter un risque, notamment pour des enfants », explique l’élu, tout en se disant conscient de la dimension émotionnelle de cette décision.
De son côté, la SPA du Roannais ne renonce pas totalement. Son président dit comprendre la position du maire, tout en souhaitant explorer une issue alternative. « Nous savons que son placement sera extrêmement compliqué, mais nous allons tenter une conciliation. Si cela échoue, nous irons jusqu’en cassation », affirme-t-il.
En attendant une éventuelle nouvelle étape judiciaire, Tokyo reste au refuge, dans l’attente d’un dénouement qui continue de diviser défenseurs des animaux, autorités locales et habitants du Roannais.

