L’année 2026 s’annonce particulièrement délicate pour les finances départementales. « La santé, d’abord, et les moyens ensuite », a-t-il résumé, donnant le ton d’un exercice budgétaire placé sous le signe de la prudence et de la responsabilité. S’il affirme que le manque de ressources ne doit pas étouffer les idées, il prévient toutefois : « Il ne faut pas susciter des attentes si l’on n’a pas les moyens de les satisfaire. »
Préserver la qualité de vie sur tout le territoir
La priorité du Département reste inchangée : maintenir une qualité de vie équitable pour tous, « dans le plus petit village comme au cœur de la métropole ». Routes, collèges, accompagnement social, soutien aux personnes âgées ou en situation de handicap : le Département demeure l’acteur central de la proximité au quotidien. Mais ce modèle est aujourd’hui mis à rude épreuve par l’augmentation continue des charges.
L’explosion des dépenses sociales, cœur du problème
Selon Georges Ziegler, la situation est devenue structurellement déséquilibrée. Une grande partie des dépenses sociales est décidée au niveau national, mais financée localement. « Quand le président de la République décide d’augmenter le RSA, c’est le Département qui paie », rappelle-t-il.
Dans la Loire, la situation est encore plus sensible :
- les revenus moyens sont plus faibles,
- la population est plus âgée,
- et 75 % du budget départemental est désormais consacré aux politiques sociales.
Un niveau qui limite fortement les marges de manœuvre pour investir ailleurs.
Une mobilisation des élus locaux
Pour peser face à l’État, le Département a lancé une pétition auprès des élus locaux. Près de 250 maires y ont déjà répondu favorablement. Saint-Étienne Métropole a également voté un vœu de soutien, adopté à l’unanimité, à une abstention près. Objectif : obtenir un financement pérenne et juste des grandes allocations de solidarité :
- RSA,
- aides aux personnes âgées,
- handicap,
- aide sociale à l’enfance.
Faire des économies sans sacrifier l’essentiel
Des arbitrages budgétaires ont déjà été réalisés, notamment sur certains événements ou équipements. Mais Georges Ziegler se montre ferme sur un point : la culture et le sport ne doivent pas devenir les variables d’ajustement systématiques. « Cela fait partie de la vie quotidienne des gens. On ne peut pas tout casser », explique-t-il, rappelant le rôle du sport et des grandes manifestations dans la cohésion sociale. Pour autant, le message est clair : « On ne peut plus fonctionner comme avant. Il faut vivre à la hauteur de nos moyens. » Le président de la Loire appelle à une réforme en profondeur du système actuel.
Parmi les pistes évoquées :
- un lien plus direct à l’impôt,
- une meilleure péréquation entre départements.
Aujourd’hui, certaines collectivités disposent de ressources importantes, notamment grâce aux droits de mutation immobiliers, alors que leurs charges sociales sont parfois plus faibles. « Il existe une véritable inégalité entre les ressources et les besoins des territoires », résume-t-il.
Un avertissement pour l’avenir
À travers ses vœux, Georges Ziegler envoie un message clair : sans évolution rapide du mode de financement, c’est tout le modèle ligérien de proximité, de solidarité et de service public qui pourrait être fragilisé. Un appel direct à l’État pour garantir aux départements les moyens d’assumer durablement leurs missions essentielles auprès de la population.

