« Un espion ordinaire » au courage exemplaire

« The Courier » est un film d’espionnage britannique relatant la crise des missiles de Cuba sous forme de biopic d’un illustre inconnu : Greville Wynne, homme d’affaires londonien, la quarantaine bedonnante, qui, habitué à voyager en Europe de l’Est, est recruté par le MI6 comme intermédiaire pour faire transiter des informations top-secrètes divulguées par le chef des renseignements soviétiques (Oleg Penkovsky) basé à Moscou. Le rôle principal est interprété par Benedict Cumberbatch, célèbre pour avoir joué dans la série « Sherlock » et dans des films tels que « Le cinquième pouvoir », « Imitation game » mais aussi dans le  Marvel « Doctor Strange ».

 

Un film en deux parties

 

La première partie du film fait évidemment penser au « Pont des espions » de Steven Spielberg et montre avec brio les jeux d’influence des services secrets sur cet homme d’affaires tout à fait ordinaire devenant espion amateur, un peu comme dans « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock.

 

 

Une histoire d’amitié forte… et de jalousie

 

En parallèle, nous découvrons l’amitié se nouant entre les deux hommes (Greville et Oleg) qui provoque la jalousie de l’épouse de Greville, persuadée que son mari entretient une liaison avec une belle moscovite.

 

Une reconstitution très fidèle

 

Le souci du détail du réalisateur Dominic Cooke, dramaturge britannique issu du sérail, l’a poussé jusqu’à faire respecter l’accent anglais de l’époque et à montrer les ascenseurs continus (c’est-à-dire ne s’arrêtant pas aux étages) caractéristiques de l’ère soviétique. Le spectateur est ainsi parfaitement plongé dans l’ambiance du moment.

 

Une interprétation remarquable

 

La performance de Benedict Cumberbatch est extraordinaire. L’acteur a même dû suivre un régime d’amaigrissement draconien pour jouer la deuxième partie du film qui rappelle par sa tension dramatique certaines scènes fortes de « Midnight Express » d’Alan Parker.

 

Un hymne à l’héroïsme

 

En suivant la progression psychologique de Greville, nous découvrons comment un homme naïf et timoré peut se transformer en héros infaillible quand les circonstances l’exigent. Le film parvient ainsi à montrer que chacun de nous peut réussir à dépasser ses craintes et ses souffrances pour une noble cause. A voir au Mégarama Jean-Jaurès.

Richard Clermont

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