Photo d'illustration.
Aujourd’hui, elle dispose d’un toit provisoire et envisage même un emploi dans le restaurant qui lui a tendu la main.Elle a failli mourir le 31 décembre. Cette phrase de Stéphane Cerqueira, gérant de la pizzeria Nené & Carmelo à Rive-de-Gier, résume l’urgence qui l’a propulsé à agir. Depuis cette nuit de grand froid, le restaurateur s’est mobilisé pour Claudine, une femme de 60 ans vivant à la rue depuis quatre années.
Son idée s’est concrétisée par la création d’une pizza solidaire, baptisée « la pizza à Claudine ». Pour chaque vente de cette pizza ou chaque don effectué par les clients, un euro est reversé à la cagnotte quotidienne de Claudine. Ce mécanisme simple permet à la sexagénaire de subvenir à ses besoins essentiels.
Une carte solidaire qui dépasse les frontières locales
Quatre choix de pizzas solidaires sont désormais proposés à la carte du restaurant. L’initiative a rapidement dépassé les frontières locales, attirant l’attention bien au-delà de Rive-de-Gier. « Ça lui fait sa petite cagnotte de tous les jours pour pouvoir acheter son petit repas et ses trucs personnels », explique Stéphane Cerqueira.
Le succès rencontré a transformé le quotidien de Claudine. Autrefois timide et en retrait, elle a retrouvé le sourire et une confiance en elle qu’elle avait perdue. « Elle me dit : ‘mais pourquoi les gens s’intéressent à moi ?’ Et je lui dis, ‘les gens s’intéressent à toi parce que tu es une belle personne, Claudine’. Aujourd’hui, elle est contente. Je l’ai vue sourire, ce que je n’ai jamais vu depuis un an », confie le gérant, visiblement ému par cette transformation.
Une clientèle engagée dans la démarche
Les clients réguliers ont rapidement adopté cette initiative solidaire. Serge, habitué du restaurant, témoigne de son engagement : « Soit je prends la pizza à Claudine. Mais j’en ai tellement mangé, j’en ai marre des pizzas à Claudine. Donc je prends un autre plat et je mets une petite pièce dans son enveloppe qui est sur le bar. Et comme ça, elle vient chercher le soir son enveloppe et elle est contente ».
Un hébergement provisoire et des perspectives d’emploi
Aujourd’hui, Claudine ne dort plus dans la rue. Elle occupe une chambre aménagée au-dessus du restaurant, équipée d’une télévision et du chauffage. « J’ai pris l’initiative d’enlever mon bureau, de quoi la mettre bien. Elle dort là-haut, tranquille, au chaud », détaille Stéphane Cerqueira, déterminé à ce qu’elle ne retourne jamais à la rue.
Le restaurateur ne compte pas s’arrêter là. La prochaine étape consiste à lui proposer un emploi dans la pizzeria pour faire la plonge. Cette perspective professionnelle représenterait une étape supplémentaire vers la réinsertion sociale et l’autonomie financière de Claudine.
À plus long terme, Stéphane Cerqueira envisage même de l’aider à trouver un appartement à elle, lui offrant ainsi la possibilité de reconstruire une vie stable et indépendante. Cette initiative démontre qu’au-delà de la charité ponctuelle, c’est un véritable accompagnement dans la durée qui permet de sortir durablement de la précarité.


