©42info
Du 19 août au 28 septembre dernier, les clients de Monoprix, Franprix et Naturalia ont été invités à arrondir le montant de leurs achats en caisse, les sommes collectées étant reversées à Espérance banlieues. Ce réseau gère seize établissements scolaires privés hors contrat, dont un à Saint-Étienne.
Le média en ligne Street Press a révélé ce partenariat dès le 4 novembre, déclenchant une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a notamment critiqué cette initiative sur X (ex-Twitter), dénonçant une opération menée sans en informer les clients, transformés sans le savoir en mécènes d’un projet identitaire.
Espérance banlieues défend son modèle éducatif
Patrick d’Hérouville, directeur général du réseau, assume pleinement les spécificités de son projet pédagogique, incluant le port de l’uniforme et les cérémonies du lever du drapeau tricolore. « Ce sont des symboles de la République. Mais ce n’est qu’une petite partie de notre modèle éducatif », explique-t-il, réfutant toute orientation politique.
Le responsable souligne que son organisation est inspectée, reconnue officiellement et collabore avec des institutions comme la Fondation de France et le Sénat. Concernant les plaintes déposées fin 2022 par deux familles pour violences volontaires sur mineurs, harcèlement moral et dénonciation calomnieuse, révélées par Mediapart en 2023, il affirme qu’elles sont infondées et n’ont débouché sur aucune suite judiciaire après près de trois ans.
Patrick d’Hérouville ouvre les portes de ses établissements aux critiques : « Nous travaillons avec des enfants à la limite du décrochage, dans des territoires compliqués. Ces attaques viennent de gens que nous avons invités et qui ne sont jamais venus. »
L’opération d’arrondi a généré 750 000 clics, un résultat que le directeur général qualifie de significatif. Ces fonds permettent à l’organisation de facturer au minimum les familles, expliquant ainsi la nécessité de nouer des partenariats avec des entreprises privées.
Un processus de sélection encadré selon microDON
Le dispositif L’Arrondi est géré par microDON, filiale de La Banque postale. Cette structure détaille soumettre les associations candidates à un audit strict évaluant la conformité légale, la transparence, la gouvernance, la traçabilité des fonds et l’utilité sociale. Le service presse confirme qu’Espérance banlieues n’a pas dérogé aux règles de contrôle habituellement menées » lors de sa première participation au dispositif.
Casino affirme sa neutralité et clôt le partenariat
Le groupe stéphanois défend sa démarche en rappelant avoir soutenu 22 associations en 2025 via L’Arrondi solidaire, couvrant des domaines variés : lutte contre le décrochage scolaire, précarité alimentaire, droits des femmes et isolement social.
Casino revendique un processus de sélection rigoureux basé sur l’intégrité, la gouvernance, la conformité, la finalité d’intérêt général, l’absence de condamnation judiciaire et de conflits d’intérêts.
Le groupe affirme refuser toute instrumentalisation et ne pas s’engager dans des polémiques politiques. Il précise toutefois que cette opération, désormais terminée, ne sera pas renouvelée, afin de laisser place à d’autres associations partenaires dans les prochains mois. Cette position marque un tournant dans une controverse qui illustre les tensions actuelles autour des modèles éducatifs alternatifs et de leur financement par des acteurs privés.

