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Mais cet engagement reste mesuré. Comme l’a rappelé le maire Axel Dugua, la charte constitue avant tout un cadre d’orientations, sans valeur contraignante. Le Parc naturel régional n’ayant aucun pouvoir de police, les communes restent libres d’appliquer ou non ses recommandations.
La question de l’extinction des lumières la nuit a rapidement cristallisé les débats. Si la charte prévoit notamment des trames noires pour préserver la biodiversité, la municipalité ne souhaite pas aller jusqu’à plonger la ville dans l’obscurité.
Jean-Luc Degraix, élu d’opposition centriste, a souligné ce qu’il considère comme une incohérence, notamment dans le quartier de la Chabure concerné par ces continuités écologiques. En réponse, l’adjoint Yves Alamercery a reconnu que la Ville chercherait à suivre la charte autant que possible, sans pour autant s’engager à l’appliquer intégralement.
Axel Dugua a été plus ferme : pas question d’éteindre l’éclairage public. En revanche, la municipalité poursuit la modernisation avec des lampadaires LED et expérimente des dispositifs d’éclairage intelligent et adaptatif, jugés plus compatibles avec les enjeux environnementaux et de sécurité.
Artificialisation des sols et zones protégées au cœur des débats
Autre sujet sensible soulevé lors du conseil : le projet économique de Scabb Valley à Bujarret, qui prévoit l’artificialisation de deux hectares à proximité immédiate du parc. Une contradiction pointée par l’élue écologiste Patricia Simonin, alors que la charte vise justement à limiter ce type d’aménagement.
La question des zones de protection forte, représentant 5 % du territoire du parc, a également été évoquée. Axel Dugua a assuré qu’aucune décision ne serait prise sans concertation, notamment avec les chasseurs et les pêcheurs, refusant toute opposition frontale entre protection de la nature et usages traditionnels.
Le maire a élargi le propos à l’économie locale, défendant une méthode basée sur le dialogue. Agriculture, activités économiques et préservation des espaces naturels ne doivent pas, selon lui, s’exclure mutuellement. C’est cette logique qu’il souhaite appliquer, notamment sur le secteur de Stelytec 2, en réunissant l’ensemble des acteurs autour de la table. Une philosophie qui rejoint celle du Parc du Pilat, dont la direction revendique un rôle de médiateur cherchant l’équilibre entre développement humain et protection de l’environnement.
Le tourisme, parent pauvre du territoire ?
Enfin, le débat s’est déplacé sur la place du tourisme, qui ne représenterait que 3 % de la richesse créée à l’échelle du parc. Un chiffre qui a interrogé Jean-Luc Degraix, appelant à davantage d’initiatives à Saint-Chamond. Axel Dugua a reconnu un déficit de lisibilité de la politique touristique actuelle et a évoqué l’idée d’un office de tourisme spécifiquement dédié à la commune. Objectif : mieux valoriser le patrimoine local, de l’Hôtel-Dieu à l’aqueduc, en passant par la colline Saint-Ennemond et encourager les liaisons vers le Pilat, le Bessat ou la Jasserie.
Sur la question des itinéraires et des randonnées, Patricia Simonin a plaidé pour un meilleur balisage reliant directement le centre-ville aux espaces naturels. Une proposition que la majorité n’entend pas retenir pour l’instant, rappelant l’existence de supports déjà dédiés aux sentiers communaux. Un désaccord qui illustre bien l’esprit des débats : une adhésion globale à la charte du Parc du Pilat, mais avec une application pragmatique, adaptée aux priorités et aux choix politiques de Saint-Chamond.

