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Pourtant, derrière ces chiffres encourageants, la CGT hospitalière dresse un constat alarmant sur les conditions de travail et la qualité des soins. « Les comptes sont dans le vert mais à quel prix ? », interroge le syndicat dans les lignes du Progrès qui dénonce un équilibre financier obtenu au détriment du personnel et des patients.
Un personnel hospitalier au bord de la rupture
Les restrictions budgétaires imposées par les dernières Lois de financement de la Sécurité sociale ont créé une situation paradoxale : l’activité de soins augmente tandis que les effectifs stagnent. Le CHU stéphanois enregistre un taux d’absentéisme frôlant les 10% et a subi plus de 260 démissions ou départs volontaires en 2024. Cette hémorragie de personnel qualifié révèle un malaise profond au sein de l’établissement.
Les services de gériatrie illustrent particulièrement cette tension sur les ressources humaines. Avec une dotation en personnel extrêmement basse, les unités de soins de longue durée fonctionnent la nuit avec seulement une infirmière et trois aides-soignants pour 85 patients. Cette situation met en péril la sécurité des soins et épuise les équipes soignantes contraintes de pallier les manques d’effectifs.
La CGT dénonce la fermeture de nombreux lits dans des services cruciaux : psychiatrie, pédopsychiatrie, réanimation pédiatrique où seulement 4 lits sur 8 ont pu rouvrir. L’hiver a également vu la fermeture temporaire de 8 lits en rééducation suite aux arrêts maladie du personnel soignant, et de 8 autres en pneumologie par manque de médecins. Si les premiers ont rouvert, la pneumologie reste impactée malgré les efforts de la direction.
L’imagerie mammaire en péril après un départ clé
Le départ d’un radiologue spécialisé en sénologie le 30 octobre a déstabilisé l’activité de dépistage du cancer du sein. Selon Cyril Vidal au Progrès (CGT), « seulement un dixième de l’activité du CHUSE est maintenu », impactant gravement le dispositif Cancerdiag et les traitements curatifs. La direction annonce un recrutement en cours et organise une coopération avec les Hospices civils de Lyon, mais le secteur privé prend temporairement le relais, posant la question de l’accessibilité financière pour toutes les patientes.
Malgré l’excédent budgétaire record, la direction a choisi de privatiser les parkings de l’hôpital, confiés à EFFIA (groupe Keolis) avec des tarifs supérieurs au centre-ville. Pour la CGT, cette décision est incompréhensible : « Avec un excédent budgétaire d’environ 25 millions d’euros, le CHU de Saint-Étienne n’avait pas besoin de vendre les parkings. » Cette privatisation ajoute une charge financière supplémentaire pour les patients et leurs familles.
Un modèle hospitalier à bout de souffle
Cette situation stéphanoise reflète les contradictions du système hospitalier français : réussir financièrement tout en dégradant les conditions de travail et potentiellement la qualité des soins. Les économies drastiques imposées au service public hospitalier créent un cercle vicieux où l’excellence comptable cache une réalité humaine préoccupante.

