Le dossier est en tous les cas en haut de la pile de l’État, a assuré Sylvie Fayolle, présidente de Saint-Étienne Métropole. L’objectif du SERM c’est de mettre Lyon dans la banlieue de Saint-Étienne, a expliqué Luc François, vice-président en charge des transports explique au Progrès. « On ne sera plus le terminus mais au centre de l’étoile ferroviaire stéphanoise. » La promesse est de transformer radicalement le quotidien des usagers quotidiens du train. Dès 2032, des rames circuleraient toutes les quinze minutes en heure de pointe entre Saint-Étienne et Lyon, et toutes les demi-heures en période creuse, tôt le matin et tard le soir.
Une étoile ferroviaire étendue au territoire
Cette ligne majeure ne serait pas la seule concernée. L’étoile ferroviaire s’étendrait vers la Plaine du Forez jusqu’à Andrézieux-Bouthéon en passant par La Fouillouse, ainsi que vers la Haute-Loire via la vallée de l’Ondaine. Sur ces axes, la cadence serait moins intensive mais toujours soutenue : un train toutes les demi-heures aux heures de pointe et un par heure le reste du temps. « Un travail sera fait avec les cars de la Région pour amener les usagers sur les gares dans le sud de la Plaine et en Haute-Loire », a détaillé Luc François au Progrès.
L’atout principal du projet réside dans son développement à voies constantes. « On va faire avec l’existant et ça va nous permettre de gagner beaucoup de temps. S’il fallait construire une voie ferrée, on en aurait pour 20 ans », souligne le vice-président aux transports. Cette approche pragmatique permet d’accélérer considérablement la mise en œuvre.
Des aménagements complémentaires indispensables
Pour optimiser ce futur équipement, plusieurs infrastructures complémentaires devront être réalisées sur le territoire métropolitain. À La Grand-Croix, un pôle d’échanges multimodal et une halte ferroviaire sont à l’étude avec une mise en service envisagée d’ici 2030. Du côté de la gare de Bouthéon, une voie réservée aux bus publics devra être créée pour améliorer la desserte. Des aires de covoiturage seront aménagées sur les points stratégiques de l’étoile ferroviaire. Enfin, le centre de maintenance SNCF en construction à Saint-Étienne Châteaucreux permettra d’entretenir et de réparer les rames TER.
Un financement partagé encore à définir
« Si le mode de financement reste à venir et à déterminer, il sera en tous les cas partagé entre notre collectivité, l’État et la Région », précise Luc François au Progrès. La labellisation du SERM permettrait d’accéder à des financements et de prioriser la rénovation des équipements ferroviaires stéphanois. Le vice-président ne cache pas qu’une remise à niveau importante des lignes sera nécessaire, notamment entre Saint-Étienne et Lyon et dans la Plaine. Luc François se montre très confiant sur les chances de labellisation : « On a un des SERM les moins chers et les plus faciles à mettre en œuvre. S’il y a un dossier à labelliser, ce sera le nôtre. »
Entre espoir et prudence politique
François Boyer, élu d’opposition stéphanois, reconnaît la nécessité du projet pour les usagers tout en émettant des réserves : « Il doit répondre à l’urgence vécue par les habitants. Ça ne doit pas être une promesse de plus. » Face aux problèmes quotidiens de temps de trajet, retards, incidents et saturation, l’élu prévient que le projet « reste conditionné au financement de l’État » et que « la Métropole prend des engagements lourds sans visibilité ».
Luc François a admis : « C’est vrai qu’on navigue à vue. Nous serons très attentifs aux engagements de l’État. Mais dans ce premier dossier, la Métropole n’engage aucun financement pour l’instant. » Le vice-président conclut : « Soit on y va, soit on reste sur le quai. C’est une opportunité qu’il ne faut louper. » La délibération a été adoptée à l’unanimité. Reste désormais à savoir si l’État labellisera le SERM stéphanois. En tout cas, Saint-Étienne Métropole est monté dans le train.

