Nadia, résidente du quartier, témoigne d’une situation devenue insoutenable. Les nuisances sonores nocturnes, les altercations violentes et les activités illicites aux abords de l’établissement ont transformé ce secteur résidentiel en zone de non-droit les soirs d’ouverture.
Au-delà du tapage nocturne, les habitants subissent des représailles directes. Une dizaine de véhicules stationnés dans le quartier ont été vandalisés, leurs pneus systématiquement crevés après certaines soirées. Cette escalade dans la violence matérielle terrorise les résidents, dont certains renoncent à porter plainte par crainte de représailles. Nadia dénonce également la présence de trafic et de consommation de stupéfiants au sein même de l’établissement, attirant une clientèle majoritairement extérieure à Rive-de-Gier.
Le point de rupture : une tentative d’homicide volontaire
L’incident du 6 décembre marque un tournant dramatique dans cette spirale de violence. Un trentenaire originaire de la région lyonnaise a délibérément tenté d’écraser plusieurs piétons avec son véhicule après une altercation survenue dans la boîte de nuit. Le caractère prémédité de l’acte, annoncé par l’agresseur au sein même du Club Han, souligne la gravité de la situation. Interpellé par la police nationale du Gier, l’individu a été placé en garde à vue puis déféré devant le parquet le 19 décembre pour répondre de cette tentative d’homicide.
Vincent Bony, maire de Rive-de-Gier, partage pleinement l’indignation des riverains et milite activement pour la fermeture définitive de l’établissement. L’édile recense une litanie d’infractions directement liées au Club Han : agressions, dégradations, nuisances sonores intolérables et désormais tentative de meurtre. Cependant, la municipalité se trouve juridiquement démunie, la décision de fermeture administrative relevant exclusivement des prérogatives préfectorales.
Un établissement controversé à l’historique tumultueux
Le dossier repose désormais entre les mains de la préfète de la Loire, seule habilitée à ordonner la fermeture administrative de l’établissement. La tentative d’homicide du 6 décembre pourrait constituer l’élément déterminant pour motiver cette décision. Néanmoins, les procédures administratives nécessaires repoussent toute décision concrète au mois de janvier au plus tôt, sans garantie absolue de fermeture.
Le Club Han n’en est pas à sa première controverse, ayant déjà fait l’objet de fermetures et réouvertures successives par le passé. Sa dernière renaissance en juin dernier apparaît rétrospectivement comme une erreur aux yeux des riverains excédés.

