« Je suis entré, j’ai pris les bouteilles et je suis sorti par une issue de secours », reconnaît Rachid Haimeur dans le box des prévenus lors de l’audience en comparution immédiate. Si le vol est admis, c’est la suite des événements qui fait l’objet de contestations.
Le 14 octobre, sur le parking du supermarché firminois, deux vigiles le rattrapent alors qu’il tente de fuir. Lors de l’altercation, il extrait une seringue de son manteau et gesticule vers les agents de sécurité en prétendant être porteur du sida. Les versions divergent ensuite : l’un des vigiles affirme avoir été piqué, l’autre avoir esquivé le coup.
« J’ai fait le geste, mais je n’ai pas piqué, affirme le prévenu. Je n’ai pas touché. Et je n’ai jamais dit que j’avais le sida. La seringue était neuve », précise-t-il, sous-entendant que le capuchon protecteur était encore en place.
Lors de son interpellation par la police municipale, une seringue bouchonnée a effectivement été retrouvée à proximité. Rachid Haimeur explique qu’il comptait l’utiliser pour s’injecter de la cocaïne, et revendre les six bouteilles d’alcool pour financer sa consommation. Les spiritueux, retrouvés intacts sur le parking, ont été restitués au magasin.
Un parcours marqué par la toxicomanie et la récidive
Entre 1994 et 2023, ce toxicomane a accumulé de nombreuses condamnations et effectué plusieurs séjours en prison. « On voit que le vol est un fil conducteur. Pourquoi avez-vous mené cette vie », l’interroge le président du tribunal.
« J’étais cleptomane, j’ai essayé les soins, mais je n’arrive pas à m’en sortir. J’implore votre indulgence », répond le prévenu.
Son avocate tente d’obtenir la clémence du tribunal face aux 18 mois avec maintien en détention requis par la procureure : « Il est agrippé par les vigiles, tellement agrippé qu’il a peur et veut faire peur pour qu’on le lâche. À aucun moment, on ne le voit enlever le capuchon. Il exprime des idées suicidaires, il prend de la drogue pour oublier de penser. Aujourd’hui, il y a urgence à le faire se soigner. On voit que les peines de prison ne fonctionnent pas. »
Un an ferme pour préparer la sortie
Reconnu coupable de l’ensemble des faits, Rachid Haimeur écope finalement d’un an de prison avec maintien en détention. « Une seringue reste une arme, même bouchonnée », souligne le président qui motive la peine au regard de la désocialisation de l’homme et du risque de récidive.
« Il faut mettre à profit ces quelques mois pour préparer votre sortie, sinon ça va recommencer. Au revoir », conclut le magistrat, invitant le condamné à profiter de cette période d’incarcération pour entamer un véritable parcours de soins.

