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L’ex-adjoint stéphanois, victime du chantage orchestré par l’ancienne équipe municipale, effectue ainsi un retour remarqué dans l’arène politique métropolitaine après plus de trois années d’absence physique. Ce retour n’est pas anodin dans le calendrier politique. Il intervient moins d’un mois après la condamnation de Gaël Perdriau à cinq ans de prison ferme et son remplacement par Jean-Pierre Berger à la mairie de Saint-Étienne. La présidence de la Métropole, désormais pleinement assumée par Sylvie Fayolle depuis le 17 décembre, offre un contexte apaisé propice à cette réapparition.
« Je ne suis jamais parti », tient à préciser Gilles Artigues. Durant ces trois années d’absence physique, l’élu assure avoir continué à porter sa délégation au logement depuis les coulisses. « L’affaire était trop présente dans les débats pour que je sois là physiquement, mes médecins ne me le recommandaient pas », confie-t-il, révélant l’impact psychologique de cette affaire sur sa santé.
Un duo improbable avec Jean-Pierre Berger
La configuration politique actuelle réserve une ironie du sort. Sylvie Fayolle a nommé Jean-Pierre Berger, nouveau maire de Saint-Étienne, au poste de 19e vice-président au logement, avec Gilles Artigues comme conseiller délégué à ses côtés. Les deux hommes, ex-premiers adjoints stéphanois aux relations tumultueuses, devront collaborer. « Des choses douloureuses se sont passées entre lui et moi », reconnaît Artigues, « mais il ne s’agit pas de partir en vacances ensemble, je veux juste aller au bout du mandat. »
Cette nomination en tandem relève d’une stratégie d’apaisement orchestrée par la présidente de la Métropole. En associant les deux anciens rivaux, elle tente de tourner définitivement la page de l’affaire du chantage et de restaurer un climat de travail serein. Gilles Artigues dit avoir accepté « dans l’intérêt général », plaçant le bien commun au-dessus des rancœurs personnelles.
Cette cohabitation forcée sera de courte durée, le mandat métropolitain prenant fin en mars prochain avec les élections municipales. Ces quelques semaines de collaboration constituent néanmoins un symbole fort de réconciliation, ou du moins de professionnalisme politique face à l’adversité.
Pas de retour prévu à la Ville de Saint-Étienne
Si Gilles Artigues reprend sa place à la Métropole, son retour au conseil municipal de Saint-Étienne semble exclu. « C’est plus compliqué là-bas et je n’ai plus de délégation », explique-t-il sobrement. Cette distinction entre les deux instances révèle que les blessures restent plus vives dans l’enceinte municipale stéphanoise, théâtre principal du scandale.
Les « poignées de main chaleureuses » échangées avec de nombreux élus métropolitains témoignent du soutien dont bénéficie Gilles Artigues parmi ses pairs. Cette solidarité contraste avec l’isolement qu’il a dû ressentir durant ces années de tourmente, confirmant que la victime du chantage conserve l’estime de ses collègues.

