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Les travaux sur la rue James Jackson s’inscrivent dans un projet global débuté fin octobre 2023. La première phase, d’une durée d’environ six mois, a permis la mise aux normes du réseau d’eau potable sur quelque 600 mètres, du puits du Marais jusqu’à l’impasse Trablaine. Parallèlement, une passe à poissons a été aménagée sur le Cotatay, cours d’eau passant sous la voie ferrée, dans le cadre d’un projet porté par SNCF Réseau.
Après une brève accalmie, les engins sont revenus en juin pour engager les travaux d’élargissement du lit de l’Ondaine le long des rues James Jackson et Pierre et Marie Curie.
Des aménagements hydrauliques ambitieux
Pilotés par Saint-Étienne Métropole, ces travaux ont nécessité la démolition des passerelles enjambant la rivière, la restauration du mur de soutènement la surplombant, et la création de la jonction entre le Cotatay et l’Ondaine. L’élargissement récemment achevé du lit de la rivière vise prioritairement à diminuer significativement le risque d’inondation en cas de crue.
D’autres passes à poissons ont été installées sur cet affluent de la Loire, favorisant la migration et le développement de la faune aquatique en milieu naturel. Ces dispositifs en forme d’escaliers répondent à une obligation imposée par la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) : L’obligation d’assurer la libre circulation des poissons migrateurs s’applique aux ouvrages existants quelles que soient les difficultés techniques. La revégétalisation des berges constitue désormais l’ultime étape de cette phase hydraulique.
Requalification complète de l’entrée de ville
Depuis octobre, la voirie et les trottoirs font l’objet d’une réfection complète. Le programme comprend une gestion intégrée des eaux pluviales avec la création d’une noue, l’aménagement d’un îlot central arboré, et le passage à l’éclairage LED.
Sur la rive droite, une piste cyclable bidirectionnelle viendra compléter le réseau existant. Les riverains devront patienter quelques mois supplémentaires avant de retrouver la tranquillité dans un quartier considérablement sécurisé.
Le chantier impose actuellement la fermeture d’une voie de circulation dans le sens Chambon-Ricamarie, avec mise en place d’une déviation. Le coût total s’élève à 1 million d’euros TTC, financé à 70% par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et par le Département de la Loire dans le cadre du contrat territorial.
Des souvenirs d’inondations encore vivaces
Sur la rive droite de l’Ondaine, une seule habitation parmi cinq était exposée au risque d’inondation. Christiane Demore, qui y réside avec son époux, conserve le souvenir de plusieurs épisodes marquants : « En 1995, un bouchon s’était formé dans le lit du Cotatay au bout de la vallée, la rivière avait emporté la pisciculture. On a vu passer les truites devant chez nous, ça fait bizarre », raconte-t-elle en précisant que l’élevage n’existe plus.
« En principe, c’est toujours notre garage qui est impacté, comme quand le congélateur flottait », se souvient-elle. L’épisode le plus spectaculaire remonte à 2005 : « Le ciel était noir, j’arrivais juste chez moi quand l’orage a éclaté. Un gros orage bien localisé sur la commune. J’ai vu arriver l’eau, elle commençait à s’infiltrer. Avec ma fille on a mis tout ce qu’on avait sous la main, serpillières, serviettes éponge. Heureusement, ce n’est pas monté très haut. Les gros problèmes d’inondation concernaient surtout les quartiers des Feuillards et du Moulin avec des voitures à la dérive qui s’encastraient. Le collège était aussi régulièrement rempli d’eau. » annonce d’elle dans les lignes du Progrès.
Un rachat de terrain pour gagner trois mètres
Selon Saint-Étienne Métropole, ces résidents ne devraient plus être menacés depuis la restauration des berges. « Quand on a acheté il y a 40 ans, on ne parlait pas de zone inondable. Nous avons eu de nombreuses réunions avec l’agglomération. On nous a certifié qu’on ne devrait plus être inondés. Après, on ne sait jamais quel niveau peuvent atteindre les crues », tempère Christiane Demore.
Pour réaliser ces importants travaux, la Métropole a racheté au couple une bande de terrain permettant de gagner trois mètres de largeur sur l’Ondaine. La collectivité a reconstruit un long muret avec barrière ainsi que la cabane de jardin. « Nous avions un pommier, un griottier, un figuier… Ils ont dû tout arracher, mais aussi une grande haie. Ils ont replanté des arbres, pas sûrs qu’on mangera des fruits la saison prochaine », sourit la Chambonnaire. « Ce qui nous a le plus gênés, c’est le vis-à-vis que nous n’avions pas avant. On voit les maisons et passer les gens, mais bon, on s’y fait. »

