Mort de Jacques Dessange, coif­feur des stars

Il a coif­fé les plus grandes stars. Jacques Dessange, fon­da­teur du célèbre groupe inter­na­tio­nal de coif­fure, est décé­dé mar­di à l’âge de 94 ans, a annon­cé son avo­cat à l’AFP.

Le décès du coif­feur-entre­pre­neur a été confir­mé à l’AFP par un porte-parole du groupe Dessange International. Né en 1925 en Sologne, Jacques Dessange avait ouvert ses pre­miers salons en 1954, s’attirant la sym­pa­thie des per­son­na­li­tés en inven­tant le « coif­fé-décoif­fé » avant de déve­lop­per un empire pré­sent dans 43 pays.

Un empire

Cet empire, qu’il a fon­dé et qu’il n’a­vait quit­té qu’en 2008, réunit près de 1.600 salons dans le monde, dont 370 en France, sous diverses enseignes comme Dessange et Camille Albane. En 2017, le groupe avait réa­li­sé un chiffre d’af­faires de plus de 100 mil­lions d’euros.

Ces der­nières années, Hubert, de son vrai pré­nom, avait sur­tout fait par­ler de lui pour ses démê­lés judi­ciaires avec son plus jeune fils, Benjamin, et sa pré­sence sur la liste des comptes cachés de la banque HSBC en Suisse.

Initié à la coupe à Souesmes (Loir-et-Cher), dans le salon pater­nel, il était mon­té à Paris en 1945 après son cer­ti­fi­cat d’é­tudes et y avait connu un dur appren­tis­sage, avec pas moins de 12 ren­vois jus­qu’à son embauche par Louis Gervais, un coif­feur à la mode.

Passées entre ses mains expertes et ses ciseaux, des actrices comme Brigitte Bardot, Jean Seberg et Jeanne Moreau lui per­mettent d’ac­cé­der à la noto­rié­té, ce qui lui vaut de coif­fer ensuite des stars inter­na­tio­nales comme Liz Taylor, Marlene Dietrich ou Ava Gardner. En 1966, il lance sa marque à son nom en s’as­so­ciant à de jeunes et pro­met­teurs coif­feurs avant de se diver­si­fier dans les pro­duits phy­to-sani­taires ou des écoles de formation.

Comptes en Suisse

En 2004, il avait confié les rênes du groupe à son deuxième fils, Benjamin. Quatre ans plus tard, il avait déchan­té, s’es­ti­mant évin­cé par son propre fils. Amer, il s’en était ému dans un opus­cule à des­ti­na­tion de ses fran­chi­sés. Malgré cette attaque en règle, Dessange International n’a­vait pas réus­si à faire condam­ner le fon­da­teur du groupe pour déni­gre­ment en février 2012.

Le nom de Jacques Dessange a aus­si été cité en 2015 par Le Monde et des médias inter­na­tio­naux par­mi les déten­teurs de comptes non décla­rés au fisc chez HSBC Suisse. Le célèbre coif­feur y aurait eu jus­qu’à 1,6 mil­lion d’eu­ros entre 2006 et 2007. Il aurait ensuite régu­la­ri­sé sa situa­tion avec le fisc fran­çais en 2012.

Depuis de nom­breuses années, Jacques Dessange s’a­don­nait à sa pas­sion pour la pein­ture dans sa pro­prié­té de Sologne. Ce décès sur­vient moins d’un an après celui de Jean-Louis David, l’autre coif­feur des stars et inven­teur du dégra­dé, le 3 avril 2019 à l’âge de 85 ans.

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