Mort de Bernard Madoff : qui était t’il ?

Il souf­frait depuis plu­sieurs années de diverses affec­tions, notam­ment rénales.
Il était déte­nu dans le péni­ten­cier fédé­ral de Butner, en Caroline du Nord, après avoir été condam­né en juin 2009 pour son rôle dans la mise au point d’un méca­nisme de fraude qui avait per­mis de détour­ner des mon­tants esti­més à 64,8 mil­liards de dol­lars (54,2 mil­liards d’eu­ros au cours actuel).
Mise au jour par l’é­cla­te­ment de la crise finan­cière mon­diale en sep­tembre 2008, la “pyra­mide de Ponzi” que diri­geait Bernard Madoff a fait plu­sieurs mil­liers de vic­times mêlant simples par­ti­cu­liers, per­son­na­li­tés des affaires, de la culture et des médias, orga­ni­sa­tions cari­ta­tives, fonds de pen­sions et fonds d’investissement.

Le méca­nisme frau­du­leux était très simple puis­qu’il consis­tait à pro­mettre des taux de ren­ta­bi­li­té annuelle à deux chiffres en dis­tri­buant des “inté­rêts” pui­sés en fait dans les capi­taux appor­tés par de nou­veaux clients.
Parmi les vic­times connues dont Bernard Madoff avait ain­si détour­né les éco­no­mies figurent les acteurs Kevin Bacon et John Malkovich, le joueur de base­ball Sandy Koufax ou encore une orga­ni­sa­tion à but non lucra­tif cofon­dée par le réa­li­sa­teur de ciné­ma Steven Spielberg.

Les vic­times étaient par­ti­cu­liè­re­ment nom­breuses dans la com­mu­nau­té juive, au sein de laquelle Bernard Madoff était connu pour ses acti­vi­tés phi­lan­thro­piques.
“Nous pen­sions qu’il était Dieu. Nous nous remet­tions en toute confiance entre ses mains”, avait décla­ré en 2009 l’é­cri­vain et lau­réat du prix Nobel de la paix Elie Wiesel, dont la fon­da­tion a per­du 15,2 mil­liards de dol­lars dans l’affaire.

Certaines vic­times ont été tota­le­ment ruinées

 

La fraude avait été révé­lée à l’au­tomne 2008 aux auto­ri­tés par les deux fils de Bernard Madoff, qui n’é­taient pas com­plices, alors que la chute des mar­chés finan­ciers pro­vo­quée par la faillite de Lehman Brothers inci­tait de nom­breux épar­gnants à vou­loir récu­pé­rer en urgence leur épargne.
L’affaire avait mis au jour des failles dans les méca­nismes de sur­veillance de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gen­darme des mar­chés amé­ri­cains, accu­sée d’a­voir bâclé des enquêtes, par incom­pé­tence ou négli­gence, mal­gré des signaux d’a­lerte répé­tés et des plaintes dès les années 1990.
“À plu­sieurs reprises, lors de réunions avec la SEC, je me suis dit: ‘Ils m’ont eu’ ”, avait dit Bernard Madoff à ses avo­cats lors d’en­tre­tiens en pri­son selon la chaîne de télé­vi­sion ABC.
Le finan­cier véreux était une per­son­na­li­té de Wall Street puis­qu’a­près y avoir fait for­tune comme “mar­ket maker” au sein de sa propre socié­té fon­dée en 1960, il avait occu­pé le poste de pré­sident non-exé­cu­tif du Nasdaq.
Sa socié­té de ges­tion avait son siège social dans un immeuble de Manhattan, le Lipstick Building. Une poi­gnée de sala­riés seule­ment étaient infor­més du carac­tère frau­du­leux des activités.

 

Une fraude qui débute en 1999

 

Selon Bernard Madoff, la fraude avait débu­té au début des années 1990 mais cer­taines vic­times et l’ac­cu­sa­tion lors du pro­cès ont affir­mé qu’elle avait démar­ré bien plus tôt.
Les sommes détour­nées per­met­taient à Bernard Madoff et à sa femme de mener grand train puis­qu’ils pos­sé­daient un ‘pen­thouse’ à Manhattan, une vil­la en France, plu­sieurs yachts et des voi­tures de luxe, leur for­tune étant esti­mée au total à 825 mil­lions de dol­lars.
Aucun membre de sa famille proche n’a com­pa­ru à ses côtés lors de son pro­cès, et aucun proche, ami ou sou­tien n’a four­ni de témoi­gnage à décharge.
“Lorsque j’ai com­men­cé ce pro­blème, ce crime, je croyais que c’é­tait quelque chose que j’ar­ri­ve­rais à gérer seul mais c’est deve­nu impos­sible”, avait décla­ré Bernard Madoff à l’au­dience. “Plus j’es­sayais, plus je m’en­fon­çais moi-même.“
S’adressant aux vic­times, il avait dit: “Je suis déso­lé. Je sais que cela ne vous aide­ra pas.”

 

 

 

 

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