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S’il ne s’est pas officiellement lancé dans la course électorale, l’ex-dirigeant patronal ne ferme aucune porte. Son objectif, dit-il, est clair : replacer l’économie au centre du projet municipal. À ses yeux, la situation actuelle de la ville est alarmante, marquée par un appauvrissement progressif, une pression fiscale élevée et des indicateurs sociaux qui se dégradent.
Lors d’une réunion publique fin décembre, Benoît Fabre a tenu à faire passer ses messages, relayés ensuite sur les réseaux sociaux. Il y plaide pour un renouvellement profond des équipes et des idées, regrettant une campagne qui, selon lui, évite les débats de fond. Il estime que les alliances en préparation manquent de cohérence et ne répondent pas aux enjeux structurels du territoire.
Très critique sur l’offre politique existante, il dresse sa propre lecture des forces en présence. Il considère que Dino Cinieri est le seul représentant clairement ancré à droite parmi les listes déclarées, tandis que d’autres candidatures s’inscriraient, selon lui, dans une continuité politique qu’il rejette. À l’inverse, il voit dans les démarches d’Eric Le Jaouen (Horizons) et de Corentin Jousserand (Rassemblement national) des pistes incarnant davantage une rupture.
Les intéressés confirment échanger régulièrement avec Benoît Fabre, notamment sur les questions de développement économique. Eric Le Jaouen insiste toutefois sur son indépendance et sa volonté de construire un projet sans calcul d’alliances. Corentin Jousserand, de son côté, reconnaît des convergences sur l’attractivité économique de la ville, sans évoquer à ce stade de stratégie commune.
Pour Benoît Fabre, la campagne municipale ne peut se limiter aux thèmes de la sécurité ou du commerce sans s’attaquer à la racine des difficultés. Il insiste sur le rôle central de l’entreprise comme moteur de cohésion sociale et de dynamisme territorial. Il pointe notamment la stagnation des salaires depuis plus d’une décennie, l’augmentation de la taxe foncière et l’extension des quartiers prioritaires comme autant de signaux d’alerte.
Dans les semaines à venir, l’ancien patron du Medef dit vouloir interpeller les candidats sur la place qu’ils accordent à l’économie dans leur programme. Selon les réponses obtenues, il décidera de la suite à donner à son engagement : soutien à une liste existante, participation active à la campagne ou même candidature personnelle, à Saint-Étienne ou ailleurs.
En filigrane, Benoît Fabre appelle à une vision plus large, dépassant les frontières communales. Il plaide pour un projet à l’échelle métropolitaine, incluant des territoires comme la vallée de l’Ondaine, qu’il estime laissés à l’écart des stratégies de développement. Pour lui, la mobilisation actuelle n’est qu’un point de départ, appelé à s’intensifier dans les mois précédant le scrutin.

