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Cette décision intervient moins de deux mois après la cessation de paiements et le placement en redressement judiciaire de la société. L’issue est particulièrement brutale pour cette PME qui avait connu une croissance spectaculaire ces dernières années. Créée en 2011 par Jonathan de Ridder et son père Patrick sur une activité initiale de plomberie, chauffage et électricité, l’entreprise avait rapidement basculé vers le raccordement de la fibre optique en sous-traitance. PCE Services était passée de cinq millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 avec 50 salariés à 55 millions d’euros en 2023 avec 330 collaborateurs.
Une dépendance fatale à Altitude Infra
L’accélération s’était produite après l’arrivée au capital d’un nouvel investisseur, Philippe Dumont, en 2019, et la signature d’un important contrat de déploiement de 250 000 prises avec le groupe Altitude Infra, acteur majeur de la fibre optique en France. PCE Services avait progressé aux côtés de ce partenaire jusqu’à en dépendre à plus de 80%, un niveau reconnu comme très dangereux malgré une diversification des activités depuis 2021 (bornes de charge, panneaux photovoltaïques, sites radiotéléphoniques). À cette raréfaction des contrats se sont ajoutés des délais de paiement à rallonge d’Altitude Infra qui ont mis PCE Services en difficulté vis-à-vis de ses fournisseurs et sous-traitants, conduisant la société à se placer sous mandat ad hoc, procédure permettant de négocier à l’amiable avec ses créanciers.
Quinze millions d’euros d’impayés et rupture brutale
À l’été 2025, face à une trésorerie très dégradée, le dirigeant affirme s’être rapproché de son donneur d’ordres principal pour obtenir le paiement d’au moins une partie des prestations déjà réalisées et facturées. PCE Services a demandé en décembre le placement en redressement judiciaire en espérant qu’un repreneur sauve l’activité et les emplois. Plusieurs repreneurs se seraient manifestés mais auraient finalement renoncé à mener à terme une proposition de reprise. L’administrateur judiciaire, Éric Étienne Martin, a donc demandé une liquidation judiciaire immédiate ce mercredi.
Altitude Infra réfute toute responsabilité
Interrogé sur la situation d’un de ses plus importants sous-traitants, Altitude Infra a répondu succinctement que « cette situation est le résultat des choix réalisés par PCE Services. Altitude Infra a honoré l’intégralité de ses obligations contractuelles, dont financières. » Pour Jonathan de Ridder, la pilule ne passe pas : « Nous allons nous battre aux côtés des organes judiciaires pour récupérer ce qu’on nous doit afin de pouvoir payer nos fournisseurs et nos sous-traitants. » Selon nos informations, une procédure judiciaire va être menée pour établir le niveau des impayés puis les recouvrer.
Une situation rappelant le cas Scopelec
Toujours selon nos informations, la situation de PCE Services aurait été comparée lors de l’audience du tribunal avec celle de Scopelec en 2023, alors lâché par Orange. Cette comparaison souligne la fragilité des entreprises de sous-traitance dans le secteur de la fibre optique, particulièrement exposées lorsqu’elles dépendent fortement d’un seul donneur d’ordres.

