Kevin Chatelus comparaissait pour des faits commis à un an d’intervalle dans sa commune de Noailly. Les premiers remontent au 24 mars 2024, lorsque sa compagne d’alors avait voulu discuter de leur relation. Elle décrit avoir été saisie par le cou, jetée au sol, tirée par les cheveux puis expulsée du domicile. Initialement prévu en CRPC (Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité), ce dossier a été joint aux faits plus graves survenus le 11 novembre 2025.
Une soirée de consommation qui dégénère
Ce soir-là, cinq personnes se trouvaient au domicile du prévenu. Tous avaient consommé de la cocaïne et de l’alcool. Les témoignages divergent sur l’élément déclencheur, mais la soirée a basculé dans la violence.
Pour des motifs encore flous, une altercation éclate entre deux femmes présentes. Kevin Chatelus intervient alors contre l’une d’elles. La victime décrit des violences en deux temps.
Des violences d’une rare brutalité
Dans un premier temps, elle affirme avoir été prise à la gorge et jetée dehors. « La strangulation a duré dix secondes, ma cliente m’a dit qu’elle s’était vu mourir », souligne Me Salzmann, son avocate.
Pieds nus, elle se rend chez des voisins pour demander d’appeler les secours, mais retourne dans l’appartement avant l’arrivée des gendarmes pour récupérer ses affaires. Elle reconnaît avoir alors saisi un marteau avec lequel elle a brisé bouteilles et meubles.
C’est à ce moment que Kevin Chatelus s’empare de l’outil et la frappe violemment. Uniquement aux jambes, prétend-il, regrettant son geste : « Le lendemain, je n’étais pas bien. J’ai demandé des nouvelles. Mais je suis sûr et certain de ne pas avoir porté de coups à la tête. »
Un certificat médical accablant
La substitut du procureur lui oppose alors le certificat médical établissant 15 jours d’ITT et détaillant : fracture du nez, deux côtes cassées, contusions pulmonaires, plaies à l’abdomen et à la rate. La victime est restée plusieurs jours en soins intensifs.
Elle a initialement déposé plainte pour tentative de meurtre, faits finalement requalifiés en violences aggravées, aboutissant à l’interpellation de Kevin Chatelus le jeudi 27 novembre.
Une addiction dévorante à la cocaïne
À l’audience, le prévenu, en état de récidive légale suite à une condamnation de septembre 2020, reconnaît les violences. Il décrit une dépendance massive à la cocaïne qu’il s’est mis à fumer : dix grammes quotidiens selon lui depuis un mois, le double selon son avocat. Il admet également avoir consommé de la MDMA (ecstasy) ce soir-là. Des stupéfiants ont d’ailleurs été découverts lors de la perquisition.
« Je regrette, je n’ai su gérer la situation et me contrôler. Je voudrais quitter le milieu de la drogue », déclare-t-il à la barre.
La défense plaide pour une alternative à l’incarcération ferme
Me Dumas-Montadre, son avocat, centre sa plaidoirie sur l’addiction : « Le point central de ce dossier c’est la cocaïne. » Il souligne la difficulté de cerner les faits avec des témoignages de personnes sous stupéfiants et juge les réquisitions excessivement lourdes : « 4 ans ferme, je ne vois pas la chance qu’on lui laisse. L’incarcération ne doit pas être la seule réponse. »
Des réquisitions sévères mais « adaptées »
La représentante du ministère public avait requis cinq ans de prison dont quatre ferme avec sursis renforcé pendant deux ans, assorti d’obligations de soins en addictologie et psychologiques, d’une interdiction de contact avec les victimes et du maintien en détention. Elle juge cette peine « adaptée à la gravité des faits ».
Une condamnation légèrement en-deçà des réquisitions
Le tribunal a réduit d’un an la partie ferme requise par le parquet, condamnant Kevin Chatelus à cinq ans de prison dont trois ferme. La peine s’accompagne d’un sursis probatoire de deux ans avec obligations de soins en addictologie et psychologiques, d’une interdiction de contact avec les victimes et du maintien en détention immédiate.
Le préjudice des deux victimes sera évalué lors d’une audience de renvoi sur intérêt civil prévue en mai 2026.

