Quinze années de carrière sportive de haut niveau, un palmarès construit au prix de nombreux sacrifices, et une retraite qui a tout fait basculer. C’est le parcours atypique d’un ancien espoir français de l’aviron, jugé mardi 16 décembre au tribunal correctionnel de Roanne.
Une carte bancaire utilisée après le licenciement
Les faits remontent à 2023. Employé par le comité départemental d’aviron de la Loire, le sportif se voit notifier son licenciement. Pourtant, pendant un mois entier, il continue d’utiliser la carte bancaire professionnelle qui lui avait été confiée dans le cadre de ses fonctions. Une utilisation frauduleuse qui lui permettait essentiellement d’acheter de la nourriture.
Au total, près de 1 200 euros ont été dépensés indûment au préjudice de l’organisme sportif départemental. Un montant qui peut sembler modeste, mais qui révèle en réalité une situation personnelle difficile pour cet ancien athlète.
L’hyperphagie, une addiction méconnue
Maître Emmanuel Biville, avocat de la défense, a expliqué devant le tribunal les circonstances particulières de cette affaire. « Mon client est un ancien sportif professionnel, ancien espoir français. Il a bâti son palmarès pendant 15 ans. 15 années de sacrifices », a-t-il rappelé pour contextualiser la trajectoire de son client.
La clé de cette dérive se trouve dans une pathologie peu connue du grand public : l’hyperphagie. Cette addiction à la nourriture s’est déclenchée au moment de sa retraite sportive, période souvent délicate pour les athlètes de haut niveau qui doivent reconstruire une nouvelle identité après des années d’entraînement intensif et de discipline stricte.
Ce besoin irrépressible de manger, caractéristique de l’hyperphagie, a poussé l’ancien rameur à commettre cet abus de confiance pour financer ses achats alimentaires compulsifs.
Une situation assainie depuis
La défense a souligné que son client avait depuis pris en main sa situation. Les sommes détournées ont été intégralement remboursées au comité départemental d’aviron. L’ancien sportif a également entrepris un travail thérapeutique pour traiter son addiction alimentaire.
Aujourd’hui, il aurait retrouvé une vie stable en Polynésie française, loin de la Loire et de son passé de sportif de haut niveau. Un nouveau départ géographique qui accompagne sa reconstruction personnelle.
Une condamnation mesurée
Malgré ces éléments favorables et le remboursement intégral des sommes, le tribunal correctionnel de Roanne a condamné l’ancien espoir de l’aviron à 90 jours-amendes à 10 euros. Une sanction qui représente un total de 900 euros, soit une peine relativement clémente compte tenu des circonstances de l’affaire et de la vulnérabilité psychologique du prévenu au moment des faits.

