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Les habitants du quartier Saint-Roch, particulièrement ceux de la rue Antoine-Durafour, vivent un quotidien ponctué d’incivilités depuis des années, voire des décennies selon certains témoignages. Trafic de stupéfiants, détonations d’armes à feu et nuisances sonores incessantes ont conduit à la création du collectif Durafour en juin dernier.
Les autorités ont procédé à des fermetures administratives nocturnes d’épiceries sources de nuisances, suite aux alertes des habitants. « C’est une bonne chose, mais ce n’est pas suffisant », estime le porte-parole du collectif, qui déplore l’émergence d’un nouveau point de deal présumé place Saint-Roch.
Cette suspicion survient quelques mois après le démantèlement d’un réseau rue Antoine-Durafour en mai dernier. Catherine Hernandez, directrice adjointe de la police municipale, confirme des indices : « Il semblerait bien qu’il y en ait un nouveau qui se soit installé dans le secteur. Mais le lieu exact reste à déterminer. Ils sont très mobiles. »
Des rodéos urbains spectaculaires
Les soirées des 12 et 13 novembre ont marqué un nouveau tournant avec des démonstrations de rodéos motorisés autour de la place Saint-Roch. Selon nos informations, les forces de l’ordre sont intervenues sans procéder à des interpellations.
« Le jeudi soir, il y a eu une espèce de moto-cross qui a remonté à vive allure la rue du Vernay à contre-sens. Ensuite, il y a eu une course-poursuite à l’arrivée de la police, puis ça a dégénéré : plein de jeunes se sont mis autour des policiers qui ont même dû utiliser une grenade de désencerclement », rapporte le porte-parole du collectif, y voyant une provocation délibérée.
Des caméras jugées inefficaces
Malgré la présence de deux dispositifs de vidéo-protection sur la place, le collectif conteste leur utilité : « Ça ne les dissuade pas. Maintenant, si on veut agir en toute impunité, il faut se rendre ici. La municipalité se vante de ses caméras, mais elles ne servent à rien. »
Les riverains réclament une présence humaine permanente : « Il faut vraiment qu’il y ait une présence quotidienne de la police. Cela doit être le minimum, car sinon ce n’est pas vivable et on n’aura jamais la paix. »
Catherine Hernandez garantit que des patrouilles quotidiennes sillonnent le secteur Durafour : « Aujourd’hui, la surveillance et la sécurisation mise en place dans ce secteur n’est nulle part ailleurs aussi importante. On essaye aussi de mener des opérations spécifiques qui comprennent le déploiement de beaucoup d’agents sur la zone et sur un horaire adapté. »
Suite aux récents rodéos urbains, la directrice adjointe affirme avoir renforcé la vigilance : « J’ai demandé à faire un focus sur l’endroit jusqu’à nouvel ordre et de mobiliser immédiatement nos services et ceux de la police nationale en cas de problème. »
Pour le collectif Durafour, la solution passe par une présence humaine renforcée mais également par « plus de fermeté dans les punitions ». Cette double exigence illustre la frustration de riverains qui espèrent retrouver un semblant de tranquillité après des années de tensions.

