Lors du conseil municipal du 30 juin, les élus d’opposition Isabelle Dumestre et Olivier Longeon avaient interpellé l’exécutif sur le changement d’avocat chargé de défendre les intérêts communaux. Face à l’embarras apparent du premier adjoint Jean-Pierre Berger, incapable de fournir des réponses précises, l’opposition avait saisi directement Christiane Jodar.
L’adjointe aux affaires juridiques, également chargée de suppléer Gaël Perdriau dans ce dossier en raison de son déport obligatoire, a finalement livré ses explications par courrier le 9 juillet.
Un conflit d’intérêts inattendu
La révélation du changement de conseil trouve son origine dans une coïncidence professionnelle. En février 2025, Me Levent-Saban, avocat initialement mandaté par la Ville, a informé Christiane Jodar d’une situation délicate : son cabinet s’apprêtait à accueillir un confrère défendant déjà les intérêts de Gilles Gauttieri dans la même affaire.
Cette arrivée programmée pour mars 2025 créait mécaniquement un conflit d’intérêts, imposant aux règles déontologiques de la profession le dessaisissement des deux avocats concernés.
Une procédure sous haute surveillance
Dans sa réponse, l’élue souligne les contraintes judiciaires exceptionnelles entourant ce dossier. Les magistrats instructeurs ont interdit l’accès aux éléments de l’enquête à l’ensemble du personnel municipal, invoquant les liens hiérarchiques avec le maire mis en cause.
Cette exigence de confidentialité absolue explique, selon Christiane Jodar, l’impossibilité pour l’exécutif de répondre en séance publique aux questions de l’opposition, écartant toute volonté de dissimulation.
Pour remplacer Me Levent-Saban, la municipalité s’est tournée vers Me Vergon, associé du cabinet lyonnais Vedesi. C’est avec ce nouveau conseil que se prépare l’audience prévue en septembre, dans un dossier portant sur d’éventuels détournements de subventions.
L’isolement juridique de l’adjointe
Christiane Jodar insiste sur sa solitude dans la gestion de ce dossier, conséquence directe de l’arrêté de déport qui l’empêche de collaborer normalement avec les services municipaux. Cette situation inédite l’oblige à travailler exclusivement avec les conseils extérieurs pour préserver les intérêts communaux.
L’adjointe conclut en réaffirmant sa détermination à « défendre au mieux les intérêts de la collectivité », objectif qu’elle présente comme son unique préoccupation dans cette affaire sensible.


