L’arrêté municipal imposant une fermeture entre 22 heures et 6 heures du matin aux épiceries nocturnes reste lettre morte selon le collectif de riverains créé en juin dernier. Les habitants décrivent des nuits agitées rythmées par les attroupements, les altercations et le vacarme incessant autour de ces points de vente.
Des sanctions jugées dérisoires face aux enjeux économiques
Les représentants du collectif Durafour pointent du doigt l’absence de dissuasion des mesures actuelles. Les contraventions infligées aux contrevenants semblent insuffisantes face aux revenus générés par ces établissements ouverts illégalement après 22 heures. Un membre du collectif compare avec amertume la situation à une pédagogie permissive, où les règles existent mais peuvent être transgressées sans conséquences véritables. Cette frustration alimente la demande d’actions plus coercitives de la part des autorités.
La perception de la situation diffère sensiblement entre les riverains et les services de police. Catherine Hernandez, directrice adjointe de la police municipale, affirme observer une amélioration dans le respect des horaires depuis décembre, avec seulement une infraction constatée le 12 du mois. Les forces de l’ordre ont néanmoins procédé à deux interpellations pour port d’armes et refus d’obtempérer dans le secteur, ainsi qu’à deux verbalisations pour tapage nocturne, sans pouvoir établir formellement le lien avec les commerces incriminés.
La complexité juridique d’une action efficace
L’établissement d’une corrélation directe entre les troubles et les épiceries de nuit constitue un défi juridique majeur pour les autorités. La question d’un arrêté préfectoral, potentiellement plus contraignant que la mesure municipale actuelle, reste suspendue à l’appréciation des services de l’État. Les autorités cherchent un équilibre entre la protection de la tranquillité publique et le respect de la liberté commerciale, évitant des mesures jugées disproportionnées.
Depuis juin 2023, les patrouilles quotidiennes de la police municipale quadrillent le secteur, témoignant d’une mobilisation significative des moyens publics. Cette surveillance accrue n’empêche cependant pas la persistance des problèmes. Les autorités comme les habitants partagent un constat lucide : la résolution définitive des nuisances nocturnes demeure un objectif lointain. L’arrêté, valable jusqu’en juillet 2026, apparaît comme un outil nécessaire mais insuffisant pour ramener la sérénité dans ce quartier stéphanois en souffrance.

