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Cette décision ouvre la voie à la construction d’une unité de traitement et de valorisation énergétique (UTVE) de plus de 200 millions d’euros. François Driol, vice-président en charge des déchets, a rappelé l’urgence financière : à partir de 2030, la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) explosera, représentant 1 million d’euros de plus à payer par mois pour Saint-Étienne Métropole tant que l’alternative à l’enfouissement ne sera pas opérationnelle. Cette menace financière de près de 24 millions d’euros sur deux ans (2030-2031) justifie selon l’exécutif l’urgence de la décision.
François Driol a reconnu le péché originel de manque de communication du projet. La délibération initiale sur l’UTVE avait été votée après 23 heures lors du conseil de février 2025, dans un contexte de grave crise politique liée à l’affaire de chantage stéphanois. Beaucoup d’élus étaient alors rentrés chez eux ou au bout du rouleau, privant le dossier du débat démocratique qu’il méritait.
L’option lyonnaise écartée pour des raisons techniques
L’alternative d’un partenariat avec le Grand Lyon a été abandonnée face aux exigences lyonnaises : transport exclusif par train des ordures vers Gerland, impliquant de nouveaux aménagements ferroviaires et l’entrée de la SNCF dans les négociations. Cette solution n’offrait par ailleurs qu’une prise en charge partielle des besoins estimés, créant une dépendance jugée trop risquée.
Eric Berlivet, maire de Roche-la-Molière, a fait exprimer par une conseillère le refus de sa commune d’accueillir l’UTVE après avoir hébergé la décharge historique pendant des décennies. Un des quatre scénarios d’implantation concerne pourtant au moins partiellement le territoire rouchon, présageant de futures tensions.
Des élus inquiets du timing électoral
Isabelle Dumestre (opposition stéphanoise) a pointé l’inadéquation du calendrier : « Les élections sont dans deux mois et on demande d’acter un engagement de 40 ans ! » Michel Gandilhon (Fontanès) s’inquiète du coût dans un contexte budgétaire tendu : « On sera sur une fourchette de 600 à 900 millions d’euros cumulés » sur six ans, dont potentiellement 156 millions pour la seule part métropolitaine de l’UTVE.
L’écologiste stéphanoise a regretté l’absence de concertation citoyenne et l’étude insuffisante « du scénario de plus petites unités de proximité, à taille humaine, générant moins de camions, de déplacements, de pollutions ». François Driol a répondu en invoquant les économies d’échelle et la complexité de multiplier les sites d’implantation.
Un vote serré malgré l’urgence affichée
Malgré les arguments d’urgence, 12 élus ont voté contre et 3 se sont abstenus. Sylvie Fayolle, présidente de la Métropole, s’est interrogée sur ces « positions » après un vote quasi-unanime en bureau des maires (53 maires et élus supplémentaires). Cette résistance témoigne des réticences persistantes face à ce projet structurant.
Le transfert de compétence sera effectif le 1er janvier 2027, laissant le temps aux nouvelles équipes issues des élections municipales de s’approprier le dossier. Reste à déterminer le site d’implantation parmi les quatre retenus dans l’Ondaine, à la limite ouest de Saint-Étienne ou dans la ville même, choix qui promet de nouveaux débats passionnés.

