Les quatre policiers municipaux armés de Saint-Priest-en-Jarez sont sollicités quasi quotidiennement sur le pôle santé implanté sur leur territoire. Ces interventions, toujours effectuées en binôme pour des raisons de sécurité, mobilisent une part importante des effectifs au détriment de la surveillance de proximité dans la commune.
Christian Servant, maire de la ville, souligne cette problématique : lorsque deux agents sont mobilisés au CHU, la couverture policière municipale se trouve considérablement réduite pour les autres missions communales.
Des interventions multiples et chronophages
Les sollicitations concernent principalement deux domaines. D’une part, la régulation du stationnement et de la circulation, problématique qui s’est intensifiée depuis l’instauration du stationnement payant. Les véhicules mal garés perturbent régulièrement l’accès aux urgences, nécessitant des interventions fréquentes pour libérer les voies. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 80% des mises en fourrière annuelles réalisées par la police municipale concernent le site hospitalier.
D’autre part, les forces de l’ordre locales interviennent également, à la demande de la police nationale, pour gérer des comportements violents aux urgences ou au service de psychiatrie adulte. Ces interventions impliquent parfois le transfert de personnes au commissariat central de Fauriel à Saint-Étienne, mobilisant les agents pendant plusieurs heures.
Une demande de solidarité intercommunale
Le maire n’a pas quantifié précisément le coût de ces interventions, mais estime qu’il représente une charge substantielle pour une commune qui supporte seule ces dépenses alors que le pôle santé dessert l’ensemble de la métropole, voire du département.
Cette situation a conduit Christian Servant à interpeller les parlementaires ligériens, réclamant une réflexion de l’État sur des mécanismes de compensation, similaires à ceux existant pour l’état civil. La mairie traite en effet 4 500 actes de naissance et de décès annuellement, donnant lieu à une contribution financière des communes de résidence des personnes concernées.
Un soutien politique mais une position préfectorale ferme
Le sénateur LR Hervé Reynaud a relayé cette demande auprès de la ministre Françoise Gatel, sollicitant un dispositif législatif de solidarité intercommunale pour les petites communes accueillant de grands équipements publics. Sa question écrite, publiée au Journal officiel du Sénat le 13 novembre, attend toujours réponse. Le sénateur Jean-Claude Tissot et le député PS Pierrick Courbon se sont également saisis du dossier.
La revendication prend d’autant plus de poids que Saint-Priest-en-Jarez ne perçoit plus de dotation globale de fonctionnement depuis 2020, représentant un manque à gagner de 600 000 euros annuels.
La Préfecture, interrogée sur le sujet, confirme les sollicitations régulières pour des problèmes de stationnement signalés par le CHU, mais considère que ces interventions relèvent pleinement des compétences de la police municipale, sans envisager de dispositif compensatoire.

