C’est une étape importante pour la santé publique locale. Le mercredi 4 mars, le Conseil local de santé mentale du Forez a été officiellement installé, réunissant pour la première fois Loire Forez Agglomération et la Communauté de Communes de Forez Est autour d’un projet territorial commun.
Le dispositif existait déjà sur le périmètre de Loire Forez Agglomération, où il avait commencé à faire ses preuves. Son extension à Forez Est constitue la nouveauté de cette nouvelle étape, permettant désormais à l’ensemble du territoire de parler d’une seule voix sur ces enjeux.
La santé mentale est aujourd’hui le huitième motif de décès en France. Dans un contexte marqué par les crises successives et l’usage intensif des réseaux sociaux, le besoin de structures coordonnées et accessibles n’a jamais été aussi pressant.
Cinq axes prioritaires pour transformer le quotidien
Ce contrat quinquennal engage élus des deux intercommunalités, professionnels de santé du Centre Hospitalier du Forez, représentants de l’État et de l’Agence régionale de santé. Le CLSM ne se veut pas une couche administrative supplémentaire, mais une véritable plateforme opérationnelle de concertation.
Cinq missions structurent son action : lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques, agir sur les déterminants sociaux de la santé comme le logement, l’emploi ou l’isolement, prévenir les troubles avant qu’ils ne s’installent durablement, favoriser l’inclusion sociale des personnes concernées, et faciliter l’accès aux parcours de soins.
Pour Christophe Bazile, président de LFA, la dimension sociale est indissociable de la dimension sanitaire : les deux types de difficultés se cumulent bien souvent. Son homologue de Forez Est, Pierre Véricel, partage ce constat.
Des projets concrets adossés au Centre Hospitalier du Forez
Le lien étroit avec le pôle psychiatrique du CHF est l’un des points forts du dispositif. Plusieurs projets sont déjà sur la table, notamment la création d’un Centre médico-psychologique hors les murs, pensé pour être plus accessible aux habitants. Un dossier a également été déposé pour la mise en place d’une équipe mobile d’intervention intensive, capable de se déplacer en situation de crise à la demande des familles ou des professionnels de terrain.
L’évolution des profils de patients est aussi prise en compte. La montée des problématiques d’addiction impose une adaptation constante des réponses apportées. Les Groupes d’entraide mutuelle, notamment celui de Montbrison et celui de Civens, dédié à l’autisme, ont été salués pour leur rôle de proximité, même si ces structures font régulièrement face à une demande qui dépasse leurs capacités.
Une gouvernance partagée pour passer de la parole aux actes
Coprésidé par le CHF et les deux présidents d’intercommunalité, le CLSM s’appuiera sur un comité de pilotage et des groupes de travail thématiques pour avancer de façon concrète. « Nous ne pouvons que constater un besoin de plus en plus grand », résumait l’un des intervenants lors de la cérémonie d’installation. Edmond Mackowiak, directeur du CHF, fixait lui le cap : cinq années de travail pour bâtir une stratégie territoriale cohérente, en mutualisant les compétences de tous.
Dans le Forez, la santé mentale quitte progressivement la sphère confidentielle des cabinets médicaux pour s’affirmer comme un véritable projet collectif.


