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« Le tribunal n’a pas ignoré que vous avez une qualité d’élu et que vous avez un devoir d’exemplarité. Le tribunal a retenu l’extrême gravité des faits, le tribunal n’a rien trouvé pour retirer cette gravité aux faits reprochés », a expliqué la présidente avant d’annoncer la sentence.
« M. Perdriau, le tribunal a bien entendu vos arguments », a-t-elle poursuivi. « Mais le tribunal estime que vous êtes coupable de l’ensemble des faits. » Cette déclaration a suscité quelques applaudissements dans la salle d’audience, immédiatement stoppés par la magistrate.
Une condamnation sévère avec mandat de dépôt différé
Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison dont un an avec sursis, assorti d’une amende de 50 000 euros. Le tribunal a également ordonné un mandat de dépôt différé à son encontre.
« Monsieur, vous ne pouvez plus être le maire de Saint-Étienne », a déclaré solennellement la juge, actant ainsi la fin du parcours politique du premier magistrat stéphanois.
Cette peine correspond globalement aux réquisitions du parquet, qui avait demandé cinq ans dont deux avec sursis lors de l’audience du 29 septembre dernier, avec cinq ans d’inéligibilité et exécution provisoire.
Pierre Gauttieri également condamné
Pierre Gauttieri a lui aussi été déclaré coupable pour l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Les détails de sa condamnation n’ont pas été précisés dans l’immédiat.
Les conséquences politiques immédiates
Cette condamnation entraîne la perte automatique des mandats de Gaël Perdriau. Le maire avait lui-même annoncé qu’il démissionnerait en cas de condamnation. Il devra donc quitter ses fonctions de maire de Saint-Étienne et de président de Saint-Étienne Métropole.
Si la peine d’inéligibilité est assortie d’une exécution provisoire, comme l’avait réclamé le parquet, la préfète devra édicter un arrêté de démission d’office applicable immédiatement après notification à l’intéressé.
Dans ce cas de figure, le premier adjoint Jean-Pierre Berger disposerait de quinze jours pour convoquer un conseil municipal chargé d’élire un nouveau maire. Celui-ci exercerait jusqu’aux prochaines élections municipales prévues en mars 2026, soit seulement quelques mois.
Un séisme politique à Saint-Étienne
Ce verdict marque un tournant majeur dans la vie politique stéphanoise et métropolitaine. À quelques mois des élections municipales, la ville et la métropole vont devoir se réorganiser dans l’urgence pour assurer la continuité du service public.
La procureure Audrey Quey avait estimé lors de ses réquisitions que « Gaël Perdriau ne peut pas rester maire ». Le tribunal lui a donné raison en prononçant cette condamnation sans équivoque qui met fin à la carrière politique d’un homme qui dirigeait Saint-Étienne depuis 2014.

