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« Le tribunal n’a pas ignoré que vous avez une qualité d’élu et que vous avez un devoir d’exemplarité. Le tribunal a retenu l’extrême gravité des faits, le tribunal n’a rien trouvé pour retirer cette gravité aux faits reprochés », a expliqué la présidente avant d’annoncer la sentence.
Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison dont un an avec sursis, assorti d’une amende de 50 000 euros et d’un mandat de dépôt différé. « Monsieur, vous ne pouvez plus être le maire de Saint-Étienne », a déclaré la juge.
Des peines plus sévères que les réquisitions
Tous les prévenus ont écopé de condamnations supérieures aux réquisitions du parquet :
- Pierre Gauttieri : quatre ans de prison dont deux avec sursis, mandat de dépôt différé
- Samy Kéfi-Jérôme : quatre ans de prison dont un avec sursis, mandat de dépôt différé
- Gilles Rossary-Lenglet : quatre ans de prison dont un avec sursis, mandat de dépôt différé
Les quatre condamnés devront verser solidairement 200 000 euros de dommages et intérêts à Gilles Artigues, reconnu recevable dans sa demande.
Perdriau dénonce une « terrible injustice »
« C’est une terrible injustice, j’ai demandé à mes avocats de faire appel immédiatement », a réagi Gaël Perdriau à la sortie de la salle d’audience. « Cette décision est incompréhensible. »
Sa prise de parole a été interrompue par des cris de « Coupable, coupable ! » lancés par des militants de l’opposition venus assister au délibéré. Le maire a quitté le tribunal sous les flashs des journalistes et des caméras.
Resté « droit, figé, de longues minutes » selon les témoins présents, il s’est tourné vers ses avocats, « visiblement abasourdi par la peine prononcée contre lui ». Les prévenus se sont longuement entretenus avec leurs conseils, vraisemblablement pour discuter de leurs options d’appel.
Le soulagement de Gilles Artigues
« J’espère pouvoir tourner cette page, pour ma famille et pour la ville », a déclaré Gilles Artigues, la voix chargée d’émotion. « La justice est passée. Maintenant, les Stéphanois connaissent la vérité et leurs conséquences, ce que j’ai vécu pendant dix ans. J’espère qu’il n’y aura pas de suite. La Ville aura été bien salie. »
Me André Buffard, son avocat, s’est félicité du jugement : « Le tribunal a retenu l’extraordinaire gravité de ces faits. Nous sommes satisfaits. Les peines sont à la hauteur des faits reprochés. » Concernant la condamnation du maire, il a ajouté : « C’est une peine très sévère, mais en rapport avec sa responsabilité, son rang d’élu et sa participation aux faits. »
La famille Artigues s’est longuement étreinte dans la salle d’audience. « J’ai besoin de me reposer », a confié Gilles Artigues avant de s’éclipser, entouré de ses proches.
Gilles Rossary-Lenglet : « J’ai dit la vérité »
« Ça y est. Je suis très content. Le jugement dit bien que j’ai dit la vérité », a déclaré Gilles Rossary-Lenglet en quittant la salle d’audience. « Ce qui est invivable, c’est que les politiques ou les décideurs se sentent au-dessus des lois. »
Me Vicky Mazoyer, son avocate, a ajouté : « Mon client a été traîné dans la boue. Aujourd’hui, la justice reconnaît qu’il a dit la vérité. »
Une exécution provisoire malgré l’appel
La présidente a rappelé aux condamnés qu’ils avaient « la possibilité de faire appel de la décision, mais l’exécution provisoire ne suspend pas les effets de la condamnation ». Cela signifie que Gaël Perdriau devra quitter immédiatement ses fonctions de maire et de président de Saint-Étienne Métropole, même si une procédure d’appel est engagée.
L’audience a été levée après le prononcé de ces condamnations qui marquent un séisme politique dans le paysage stéphanois, à seulement quelques mois des élections municipales de mars 2026.
Cette affaire, qui a débuté par la révélation d’un chantage à la sex-tape visant Gilles Artigues, adjoint à l’urbanisme de Gaël Perdriau devenu son rival politique, se conclut par l’effondrement judiciaire de toute une équipe municipale et la fin programmée d’un mandat municipal sous le signe du scandale.

