Contacté en milieu de semaine, l’homme de 80 ans s’est d’abord montré désemparé au téléphone. « J’ai découvert avec stupéfaction que deux plaintes avaient été déposées à mon encontre. Aucune autorité ne m’avait mis au courant, aucun interrogatoire n’a eu lieu. Cette révélation me laisse pantois », confie-t-il au journal Le Progrès.
Rapidement, le septuagénaire a repris du poil de la bête depuis sa résidence de Saint-Ferréol-d’Auroure. Dans un courrier, il précise : « Les médias m’apprennent qu’une procédure pénale me concerne depuis juin. Ces accusations, je les découvre par la presse mercredi dernier. »
Soixante ans de carrière sans accroc
L’ancien propriétaire des Verts brandit son parcours exemplaire comme bouclier. « Au cours de six décennies d’entrepreneuriat et de plus de trente-deux années au service de l’ASSE, dont vingt comme dirigeant principal, jamais personne n’avait évoqué de supposés ‘harcèlement et outrages sexistes’ parmi mes équipes », martèle-t-il.
Romeyer n’hésite pas à pointer du doigt un calendrier suspect. « Curieusement, c’est seulement après mon retrait de l’AS Saint-Étienne que l’on me fait porter le chapeau de comportements soi-disant inadmissibles, et ce devant tout le monde », lance-t-il avec amertume à nos confrères.
Cette sortie laisse entrevoir une hypothèse : ces révélations viseraient-elles à écarter définitivement une figure encore influente dans les travées du Chaudron, un an après la cession du club ?
« À 80 balais, je voulais juste la paix »
Depuis sa terre natale de Haute-Loire, l’intéressé affiche une sérénité de façade. « Ayant récemment soufflé mes quatre-vingts bougies, j’aspirais à une retraite tranquille. Je me présenterai devant le magistrat instructeur quand il le souhaitera, ce qui m’éclairera enfin sur la nature précise des griefs. J’attends donc sereinement de pouvoir établir ma bonne foi et mon innocence. »
Pour rappel, Le Progrès avait levé le voile sur cette enquête pénale visant Roland Romeyer pour « harcèlement et outrages sexistes, avec circonstances aggravantes liées à l’autorité hiérarchique ou à la vulnérabilité des victimes ».
Deux salariées de l’ASSE ont saisi la justice. Des déclarations anonymes ont également été collectées par les enquêteurs, tandis qu’une investigation interne a été menée par la direction stéphanoise. Les incidents dénoncés auraient eu lieu avant le rachat du club par le groupe canadien Kilmer Sports.


