Lors de son bilan de mandat, Gaël Perdriau a annoncé la concrétisation prochaine de l’une de ses promesses électorales : la création d’une brigade des transports. Le maire a toutefois regretté que ce projet n’ait pas été déployé à l’échelle métropolitaine, pointant du doigt des motivations bassement politiciennes.
La version métropolitaine : des contraintes multiples
Luc François, maire de La Grand-Croix et vice-président aux mobilités, nuance fortement cette interprétation dans les lignes du Progrès : « Ce n’est pas complètement vrai. Dire que c’est politique oui, ça l’est toujours, mais il y avait des contraintes. »
L’élu retrace la genèse du dossier : initialement proposée par Gaël Perdriau durant sa campagne municipale de 2020, l’idée avait été élargie par Luc François à l’ensemble de Saint-Étienne Métropole. Cette proposition n’avait pas reçu l’adhésion des autres communes, « toutes n’ayant pas les mêmes problématiques dans les transports ».
Une réflexion relancée après les émeutes de 2023
Trois ans plus tard, suite aux violences urbaines qui ont touché plusieurs villes françaises, le sujet ressurgit. Certaines métropoles comme Montpellier ayant créé leur propre brigade, les élus métropolitains et la STAS ont réévalué le projet, étudiant son coût, son dimensionnement et les obligations réglementaires.
Les conclusions de cette étude ont révélé des obstacles majeurs : « Il fallait compter une quarantaine d’agents, qui auraient été des policiers métropolitains, et tous les maires auraient dû déléguer leur pouvoir de police à SEM. Le coût était énorme, pas acceptable », explique Luc François a nos confrères du Progrès.
Un projet absent du plan de mandat métropolitain
Le vice-président reconnaît que la volonté politique a fait défaut : « S’il y avait eu une volonté, cela aurait pris du temps et on y serait arrivé, mais ce n’était pas dans le plan de mandat métropolitain. » Il insiste néanmoins sur la complexité technique du dossier, au-delà des clivages partisans : « Bien sûr que tout est politique, mais ce que je viens d’expliquer, ce n’est pas parce que je suis de gauche ou de droite, c’est la réalité. »
Une expérimentation stéphanoise différente
Face à l’abandon du projet métropolitain, Gaael Perdriau a repris l’initiative à l’échelle communale. « Ce qui pourrait être mis en place à Saint-Étienne aujourd’hui, ce n’est pas le même registre. C’est une convention entre la Ville, l’État et la STAS, et le coût n’est pas le même », précise Luc François.
Le vice-président métropolitain se montre ouvert à cette expérimentation : « Si cette expérimentation se met en place, je serai le plus heureux des élus. » Il n’exclut d’ailleurs pas qu’en cas de succès, ce dispositif puisse être étendu à l’ensemble de la métropole et alors financé par Saint-Étienne Métropole.

